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Plusieurs enquêtes contre des policiers après des accusations d'actes racistes au tribunal de Paris

L'Inspection générale de la police nationale (IGPN) estime dans une synthèse d'enquête sur la mort en janvier de Cédric Chouviat, lors d'un contrôle routier houleux, que l'un des policiers a pratiqué sur le livreur un "étranglement arrière"

L'Inspection générale de la police nationale (IGPN) estime dans une synthèse d'enquête sur la mort en janvier de Cédric Chouviat, lors d'un contrôle routier houleux, que l'un des policiers a pratiqué sur le livreur un "étranglement arrière" - STEPHANE DE SAKUTIN © 2019 AFP

Un brigadier-chef du dépôt assure que "plus de mille" détenus ont été "maltraités", subissant des propos racistes, des privations de nourriture ou encore un refus d'accès aux soins.

Plusieurs enquêtes judiciaires ont été ouvertes sur fond d'accusations de racisme ou de discrimination contre des policiers officiant au tribunal judiciaire de Paris, a appris l'Agence France Presse (AFP) ce lundi, confirmant une information de Streetpress.

"Concernant des faits commis au sein du dépôt" du tribunal judiciaire de Paris, où sont retenues les personnes attendant d'être présentées à la justice "entre le printemps 2017 et l'été 2019 (...), l'ensemble des faits portés à la connaissance du parquet de Paris a donné lieu à des enquêtes judiciaires confiées à l'Inspection générale de la police nationale (IGPN)", a indiqué le parquet de Paris, sans plus de précisions.

D'après le site d'informations en ligne, des enquêtes administratives sur des faits comparables ont également été confiées à l'IGPN, saisie par le préfet de police Didier Lallement. Contactée, la préfecture de police n'avait pas encore répondu ce lundi après-midi.

"Je te lancerais tout ça dans la Seine"

Dans la matinée, Streetpress a dévoilé le témoignage de Amar Benmohamed, un brigadier-chef en poste au dépôt qui affirme que "sur un peu plus de deux ans, plus de mille prévenus ont été maltraités. C'est même sans doute plus".

Celui qui est aussi délégué syndical chez Unité SGP-Police affirme avoir entendu les propos suivants : "Ferme ta gueule, sale bougnoule", "nègro", "sale race", ou encore "Je te lancerais tout ça dans la Seine" ; "Si on me laissait faire, je mettrais le feu à toutes ces merguez". Il accuse sa hiérarchie de n'avoir pas réagi.

Plusieurs signalements émis

Dans un signalement du 12 mars 2019 adressé à sa hiérarchie et dont l'AFP a eu copie, Amar Benmohamed dénonçait des "propos racistes" tenus de "façon régulière" de la part d'une gardienne de la paix à "l'adresse des déférés d'origine étrangère", ainsi que le terme utilisé pour les qualifier par cette femme ainsi qu'une collègue : "les bâtards". Dans le signalement, ce policier dénonce diverses privations de nourriture, des empêchements d'accès aux soins, etc.

Dans un autre signalement daté de janvier de la même année, le même brigadier-chef dénonce des vols commis par des policiers spécifiquement sur les effets personnels de personnes d'origine étrangère, ne parlant pas français et se trouvant au dépôt.

Le 12 mars, jour même de son signalement, un de ses supérieurs, un lieutenant de police, rappelait à ses troupes que "les propos à caractère raciste injurieux discriminatoires" sont "à proscrire" et qu"il est "indispensable" d'accorder aux détenus "l'ensemble des droits" et de "rester attentif" leur "état de santé", selon un message interne consulté par l'AFP.

F.B. avec AFP