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Plongée dans le "système Dassault"

Les juges parisiens du pôle financier voudraient entendre Serge Dassault 88 ans, visé par une plainte pour "association de malfaiteurs".

Les juges parisiens du pôle financier voudraient entendre Serge Dassault 88 ans, visé par une plainte pour "association de malfaiteurs". - -

Victime de sa "générosité" selon son avocat, à la tête d'un vaste système de corruption selon des témoins, l'ancien maire de Corbeil-Essonnes fait face à des accusations graves. Une plainte pour association de malfaiteurs, sur fond de tentative d'assassinat dans un dossier connexe, a été déposée contre lui.

Serge Dassault est-il bien mal récompensé de sa "générosité" ou a-t-il conduit sa carrière politique en achetant les votes de ses administrés à Corbeil-Essonnes?

Telle est la question posée en filigrane par la plainte déposée par Fatah Hou contre le sénateur UMP, vendredi au tribunal d'Evry, pour association de malfaiteurs. Cet habitant de Corbeil-Essonnes reproche à Serge Dassault d'avoir pris part à l'élaboration d'un stratagème en vue d'organiser son arrestation et celle de deux autres hommes au Maroc, afin de les éloigner de Corbeil-Essonnes (Essonne), dont Serge Dassault a été maire jusqu'en 2009.

L'immunité de Dassault levée mercredi?

Cette procédure vient s'ajouter à une enquête à Paris sur un système présumé d'achat de votes dans les quartiers sensibles de Corbeil-Essonnes, dont Serge Dassault a été maire jusqu'en 2009.

Pour la première fois, un ancien adjoint à la mairie accrédite cette thèse. Joel Roret confie avoir servi en 2003 d'intermédiaire. "On m'a demandé à remettre à des jeunes que je connaissais des enveloppes", explique-t-il. Sur la demande de qui? "Du cabinet du maire", répond-il simplement.

Dans ce dossier, le bureau du Sénat doit se prononcer mercredi sur une demande de levée d'immunité parlementaire de l'industriel, qui ouvrirait la voie à une garde à vue. Serge Dassault avait par ailleurs été entendu en octobre, en tant que témoin assisté sur la tentative d'assassinat de Fatah Hou le 19 février.

L'industriel a dénoncé lundi par l'intermédiaire de ses avocats, Jean Veil et Pierre Haïk, une "stratégie d'instrumentalisation judiciaire" et riposté par une plainte qui dénonce des "menaces récurrentes" le visant pour lui soutirer de l'argent.

>> Retrouvez mardi soir sur BFMTV, la diffusion de l'intégralité de cette enquête, chaque heure à partir de 21h45

D. N. avec AFP et Sarah Lou Cohen