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Plaintes pour violences contre Moha la Squale: ce qu'une des plaignantes a dit aux enquêteurs

Moha La Squale

Moha La Squale - Capture d'écran YouTube

BFM Paris a pu consulter le PV d'audition d'une des trois jeunes femmes qui accusent le rappeur de violences, de menaces et d'agression sexuelle. Une enquête a été ouverte.

C'est la story d'une jeune femme, dénonçant ce week-end les "rappeurs violeurs qui font des sons de love et qui séquestrent des meufs", post ciblant notamment Moha la Squale, qui a convaincu une ex-petite amie de l'artiste de solliciter la police. Lundi, l'intéressée et deux autres victimes déclarées se sont rendues au commissariat du 9e arrondissement de Paris et ont porté plainte contre le rappeur, Mohamed Bellahmed de son vrai nom, pour violence volontaire, menaces de mort et agression sexuelle. Alors qu'une enquête a été ouverte, BFM Paris a pu consulter le PV d'audition d'une des trois plaignantes. La jeune femme, qui a entretenu une relation de plusieurs mois avec le rappeur y relate insultes, crachats, violences et une agression sexuelle.

Un soir, alors qu'un homme rencontré dans un bar la raccompagne en voiture à son domicile en raison des faibles températures, Mohamed Bellahmed l'aurait accueillie avec des insultes: "Chienne de guerre, t'as besoin de te faire soulever. Salope, sale pute". Elle raconte aux enquêteurs que le jeune homme l'a ensuite poussée dans l'appartement.

Des menaces de représailles

La plaignante assure n'avoir jamais contacté la police de peur de subir des représailles. Moha la Squale la menaçait, assure-t-elle, "d'envoyer des hommes pour (lui) taillader le visage", "de (la) violer dans des caves", de "(lui) graver sur la peau du dos 'La Squale'" ou encore "d'envoyer un petit du quartier pour (lui) tirer une balle dans le genou".

Les voisins, en revanche, ont sollicité la police à plusieurs reprises. Selon la jeune femme, les forces de l'ordre sont intervenues "au moins trois fois chez nous dans le 20e, une fois dans la rue, une fois dans un autre appartement" parisien. Au mois d'août, le couple part en vacances.

"Ces vacances ont été horribles, se souvient la jeune femme. Il m'insultait, il me tirait les cheveux, il me crachait dessus et, pour la première fois, il m'avait étranglée".

"Je me sentais salie et souillée"

En février 2018, un média réalise un reportage sur le rappeur à l'occasion de son anniversaire et de son premier concert. "Il était dans tous ses états", raconte la plaignante. Rapidement, "je me suis retrouvée sur le lit, je ne sais plus comment". Le jeune homme l'aurait alors à nouveau étranglée, au motif qu'elle n'était "qu'une merde sous sa chaussure" et qu'elle "gâchait (sa) vie". Dans les minutes qui ont suivi, "il a saisi un oreiller et l'a posé sur mon visage. Je me suis débattue (...). Ce jour-là, j'ai eu peur de mourir".

L'agression sexuelle serait survenue au mois d'août 2018, alors que la jeune femme et le rappeur étaient en vacances. "Je me sentais salie et souillée", se souvient-elle. Elle aurait ensuite regagné Paris après avoir juré qu'elle ne porterait pas plainte.

A l'automne 2018, alors que la carrière de Moha la Squale décolle, le rappeur et la jeune femme ne se voient presque plus. "Une dernière grosse dispute" éclate en novembre de la même année. "Je sentais que ça allait dégénérer. Il m'étranglait, il criait et je commençais à m'évanouir (...), explique-t-elle aux enquêteurs. La gardienne a fait appel à la police". Mais le jeune homme aurait pris la fuite avant l'arrivée des forces de l'ordre.

D'autres plaintes à venir

"En fait, je me suis habituée à cette violence, réalise la jeune femme. Des fois, je ne pouvais pas aller au travail car j'avais des rougeurs sur le cou, car il me saisissait de plus en plus souvent, j'étais commotionnée ou j'avais les yeux rougis."

Outre les trois jeunes femmes qui ont déjà porté plainte, trois autres victimes présumées auraient l'intention de faire de même, a appris BFM Paris auprès d'une source proche du dossier. "Il faut maintenant laisser travailler la justice", insiste l'avocat des plaignantes.

Simon Azélie avec Florian Bouhot