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Plafonds et murs qui s’effondrent, inondations... à Fontainebleau le commissariat tombe en ruine

Les policiers de Fontainebleau manifestent ce vendredi pour dénoncer la vétusté du commissariat dans lequel ils exercent. Comme eux, les élus réclament de nouveaux locaux, mais l'Etat tarde à se prononcer sur les projets proposés. Pour les policiers, il y a urgence.

Les fuites à répétition et infiltrations ont laissé des traces au commissariat de Fontainebleau. Certains plafonds, rongés par l'humidité se sont même écroulés. Dans cet ancien hôtel particulier, les policiers travaillent dans l'angoisse quotidienne de voir de nouveaux pans du bâtiment s'effondrer. Tristan, en poste au commissariat de Fontainebleau depuis plus de dix ans a vu les murs se fissurer au fil du temps.

"En janvier, il y a une partie du mur d'enceinte, là où se trouvaient les véhicules des fonctionnaires de police qui s'est écroulé. Actuellement depuis les dernières pluies on a des inondations dans les locaux, on a été obligé de fermer deux bureaux en plus", explique ce policier. 
Un mur d'enceinte s'est effondré sur les véhicules des fonctionnaires de police.
Un mur d'enceinte s'est effondré sur les véhicules des fonctionnaires de police. © BFM Paris

"On commence à avoir peur"

Le bâtiment a bénéficié de travaux en façade, mais rien n'a été fait à l'intérieur et côté cour. Les policiers s'inquiètent de voir le bâtiment se dégrader encore plus.

"On commence à avoir peur parce que le bâtiment se fissure. On se demande s'il est vraiment sûr pour les personnes qui travaillent ici mais aussi pour les personnes qu'on accueille, que ce soit les personnes qui sont en garde à vue, appelées pour des auditions, pour les plaignants qui viennent au commissariat ou actuellement qui viennent faire des procurations pour les élections", ajoute ce policier. 

Avec un étage condamné, les fonctionnaires se retrouvent à l'étroit. Parfois obligés de travailler debout, sous les poutres ou sur des coins de table.

Des étais ont dû être installés dans certains bureaux.
Des étais ont dû être installés dans certains bureaux. © BFM Paris
"Vous avez des collègues qui se retrouvent sans bureau et qui sont obligés d'attendre que des collègues soient en vacances pour pouvoir prendre leur poste de travail, on ne va pas faire les chaises musicales comme ça pendant X temps. Nos collègues ne peuvent plus rester dans ces lieux", insiste Mathieu Raels, secrétaire régional Alliance police nationale 77. 

Deux propositions de relogement mais pas de décision

Des propositions pour créer un nouveau commissariat existent pourtant. A Fontainebleau, la mairie a proposé un terrain proche du centre-ville. La commune voisine d'Avon propose aussi d'acheter un terrain au niveau de la gare de Fontainebleau-Avon pour accueillir ce commissariat. Mais la police nationale n'étant pas du ressort des communes, c'est à l'Etat de décider.

"On attend que de l'Etat qu'il prenne une décision, moi ça fait 4 ans que j'ai fait cette proposition (...) A chaque fois on nous dit il faut que les maires s'entendent", déplore la maire d'Avon Marie-Charlotte Nouhaud.

A Fontainebleau, le maire aussi en appelle à l'Etat. "Ce qui est important aujourd'hui c'est qu'on ait un commissariat neuf, qui soit adapté pour le service public, il n'y a pas de guerre entre maires, il y a un Etat qui ne choisit pas (...) Monsieur Castaner, choisissez", s'agace Frédéric Valletoux.

En attendant une décision, les policiers de Fontainebleau manifesteront ce vendredi à partir de midi. 

Raphaël Maillochon, Jean-Baptiste Graziani avec Carole Blanchard