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Pharos, la plateforme qui lutte contre la cybercriminalité

Valérie Maldonado, chef de l'office central de lutte contre la cybercriminalité, sur la plateforme Internet du ministère de l'Intérieur le 4 février 2014.

Valérie Maldonado, chef de l'office central de lutte contre la cybercriminalité, sur la plateforme Internet du ministère de l'Intérieur le 4 février 2014. - -

La vidéo d'un jeune handicapé violenté par un groupe de jeunes près de Grenoble soulève des questions autour du travail des enquêteurs. Comment sont traitées les affaires qui sont signalées par des images postées sur Internet?

Dans une salle aux bureaux serrés, six policiers et six gendarmes recueillent les contenus illicites repérés par les Internautes. C'est ici que la vidéo d'un jeune handicapé agressé par un groupe d'adolescents près de Grenoble a été signalée plus de 50 fois. Nous sommes sur la plateforme Pharos du ministère de l'Intérieur.

Lorsqu'un contenu illicite arrive, il est analysé par les enquêteurs, qui essaient ensuite d'établir un caractère pénal. "On matérialise l'infraction. On identifie la personne qui est à l'origine de la production du contenu illicite et on envoie directement en local aux collègues qui vont poursuivre les investigations", explique le capitaine Julien Gauthier.

Un signalement de façon anonyme

Le volume d'affaires traitées est extrêmement important plus de 129.000 par an. N'importe qui peut faire un signalement de façon anonyme sur ce site gouvernemental. "De manière généralement, les usagers des réseaux sociaux ont moins de retenue. C'est pour cette raison qu'on arrive à ces contenus qui peuvent choquer", explique Valérie Maldonado qui dirige l'office central de lutte contre la cybercriminalité.

Dans l'affaire de la vidéo du jeune handicapé, la réactivité a été importante mais la plateforme Pharos traite de nombreux autres cas. "Ça peut être des escroqueries, des propos d'incitation à la haine raciale, à la violence, des actes d'incitations aux actes de terrorisme, d'incitation à la débauche des mineurs, d'annonces pédopornographique", détaille Valérie Maldonado, "toutes catégories d'infractions qui peut être révélées sur Internet".

L'année dernière, 500 enquêtes ont été ouvertes après les nombreux signalements reçus. Leur nombre a augmenté de 20% chaque année depuis la création de la plateforme en 2009.

E. M. avec Cécile Ollivier et Clément Dalmar