BFMTV

Perpignan: une femme battue condamnée à 8 ans de prison pour meurtre

La cour d'assises des Pyrénées-Orientales a condamné la sexagénaire à 8 ans de prison.

La cour d'assises des Pyrénées-Orientales a condamné la sexagénaire à 8 ans de prison. - AFP

Béatrice Marion a été condamnée par la cour d'assises pour avoir abattu son mari d'une balle dans la tête après 47 ans de violences conjugales.

Une sexagénaire a été condamnée mercredi à huit ans de prison par la cour d'assises des Pyrénées-Orientales pour le meurtre en 2014 de son mari violent et alcoolique. Quinze ans de réclusion criminelle avaient été requis contre Béatrice Marion, âgée de 67 ans.

Pendant 47 ans, son époux la rouait de coups, la traitait de "grosse truie", la poursuivait avec un couteau, un hachoir ou la menaçait de mort. Deux mois avant les faits, il avait tenté de l'étrangler car il l'avait prise pour un voleur. La condamnée, qui a déposé quatre mains courantes, n'a jamais souhaité porter plainte malgré les décennies de violences car "on n'abandonne pas quelqu'un de malade".

Dépression, délires et insultes permanentes

Les circonstances ont eu lieu dans le salon du domicile familial, à Perpignan, le 26 avril 2014. La veille des faits, l'époux l'avait réveillée, au milieu de la nuit comme souvent, en lui assénant quatre coups sur le crâne. Sous les invectives et les coups, la sexagénaire avait appelé la police et réclamé l'hospitalisation d'office de son mari.

Mais celui-ci ayant refusé, elle était partie à l'hôtel, avant de revenir le lendemain avec une boîte de friandises comme cadeau d'anniversaire. A son retour, elle a retrouvé son époux dans un état de rage inouïe. Prenant peur, elle s'est munie de son arme, s'est postée derrière le canapé où se trouvait son mari et lui a tiré une balle dans la tête.

"J'étais inerte, complètement vide

L'accusée a toujours reconnu avoir tué son mari, tombé en dépression en 1975 et sujet aux délires éthyliques et aux hallucinations, avec le revolver 357 Magnum qu'il lui avait acheté. L'auteure des coups de feux, qui a elle-même averti la police après son geste fatal, a expliqué avoir été coupée des siens et de tout contact avec leur fils, belle-fille et petites-filles, quand son mari "violent" s'était mis "à beaucoup boire".

"Les coups au début, ce n'était pas permanent, je pensais que ça allait changer", avait déclaré lundi la sexagénaire, au premier jour d'audience. "Je ne voulais pas qu'il aille en prison, et puis, il ne m'a jamais cassé un membre, je n'ai jamais été hospitalisée."

Quand le président l'a interrogée sur ce qu'elle a ressenti, l'accusée a simplement répondu: "J'étais inerte. Complètement vide. J'avais l'impression de rêver, d'être une simple spectatrice. Je n'ai pas perçu la détonation mais j'ai entendu le silence."
Mathilde Joris avec AFP