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Perpignan: enquête sur un clip violent du rappeur marseillais Elams

Ce clip, intitulé "Billet", a été vivement condamné jeudi par la préfecture des Pyrénées-Orientales

Ce clip, intitulé "Billet", a été vivement condamné jeudi par la préfecture des Pyrénées-Orientales - Capture d'écran / clip Elams

La préfecture des Pyrénées-Orientales a vivement condamné ce clip et apporté "son soutien" aux forces de l'ordre.

Le procureur de la République de Perpignan a annoncé vendredi avoir ouvert une enquête à propos du clip du rappeur marseillais Elams, tourné à Perpignan et "faisant l'apologie de la violence et incitant potentiellement à la haine envers les policiers", selon la préfecture des Pyrénées-Orientales.

"Je n'ai pas été saisi par la préfecture ni reçu de plaintes des syndicats de police mais ce que j'ai lu dans la presse ou ce que j'ai vu me suffisent pour ouvrir une enquête pour savoir s'il y a une infraction", a expliqué à l'AFP le procureur de Perpignan Jean-Jacques Fagni.

L'antenne de Perpignan du SRPJ a été chargée de l'enquête, a indiqué le magistrat, expliquant notamment qu'elle va écouter les paroles et devra déterminer si les armes montrées à l'image sont "factices ou non".

Apologie des gangs?

Ce clip, intitulé "Billet" et visible sur YouTube, a été vivement condamné jeudi par la préfecture des Pyrénées-Orientales qui a apporté "son soutien" et exprimé sa "gratitude pour le travail des forces de l'ordre".

France-Police, un petit syndicat de policiers, réputé proche de l'extrême droite, qui avait affirmé avoir déposé une plainte, a dénoncé "les paroles associées au images: 'J'ai un contact, j'récupère une kalash, voiture volée, baisse la vitre que j'les canarde, on brûle ton corps, on le jette dans un canal, une rafale dans la tête et on s'arrache'".

"Le chanteur fait l'apologie des gangs et du narcotrafic de la cité phocéenne et puis il y a ces propos qui visent plus particulièrement notre institution, en l'espèce 'Fuck la police'", avait ajouté Michel Thooris, secrétaire général de ce syndicat.

Pas de "demande d'autorisation"

Le clip a fait l'objet d'un échange, lors du conseil municipal de mercredi soir, entre Louis Aliot, conseiller municipal RN (ex-FN) et membre du bureau exécutif du parti, et l'adjointe au maire LR de la ville, Chantal Bruzi.

"Il n'y a pas eu de demande d'autorisation. Ces clips, on les découvre quand les gens nous appellent ou sur les réseaux sociaux. Pour celui-là, la police municipale n'a pas été appelée. Je considère cela comme dramatique et je demande systématiquement au parquet de poursuivre", avait indiqué Chantal Bruzi.

En janvier 2017, ce rappeur avait déjà mis en ligne un clip tourné dans la prison de Luynes dans les Bouches-du-Rhône en 2016, alors qu'il y était incarcéré.

M.P avec AFP