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Peine alourdie en appel pour un jeune YouTubeur condamné pour terrorisme

Le tribunal a estimé que ce permis était "entaché de quatre illégalités" et l'a par conséquent annulé.

Le tribunal a estimé que ce permis était "entaché de quatre illégalités" et l'a par conséquent annulé. - AFP

Mardi, un jeune YouTubeur a été condamné en appel à cinq ans et demi de prison pour terrorisme.

Un jeune YouTubeur, passé des sketches à la "drogue" de la propagande jihadiste, jusqu'à être le destinataire d'une vidéo présageant l'attentat de Saint-Etienne-du-Rouvray, a été condamné mardi en appel à cinq ans et demi de prison, assortis d'une période de sûreté.

"Mamadou Segpa"

Omar, Algérien de 21 ans, s'était forgé une petite notoriété sur YouTube où il avait créé des sketches humoristiques à succès, intitulés "Mamadou Segpa".

Lors de son procès devant le tribunal correctionnel de Paris, le 1er décembre 2017, ce passionné de vidéo avait expliqué comment il était devenu ensuite "drogué" à la propagande jihadiste en regardant les films de l'organisation Etat islamique (EI) sur internet.

Jusqu'à être le destinataire d'une vidéo présageant l'attentat de Saint-Etienne-du-Rouvray en juillet 2016, enregistrée par l'un des deux tueurs du père Jacques Hamel, Abdel Malik Petitjean. Le propagandiste de l'EI Rachid Kassim, avec qui Omar était en contact régulier sur la messagerie cryptée Telegram, la lui avait envoyée en lui demandant de la diffuser.

5 ans d'emprisonnement en première instance

En première instance, Omar avait été condamné à cinq ans d'emprisonnement, sans période de sûreté, pour des velléités de départ en Syrie, ses échanges au sein de la "jihadosphère" sur internet et le téléchargement de fichiers par dizaines: images d'attentats, conseils sur les techniques de dissimulation...

En dépit de faits "d'une gravité évidente" - "vouloir partir en Syrie après les attentats de 2015 et 2016" - les juges s'étaient toutefois dits "confiants" s'agissant de sa "prise de conscience".

Le parquet, qui avait requis sept ans de prison avec une période de sûreté des deux tiers, avait fait appel.

"Influençable, pas dangereux"

"Dans ce dossier, les experts psychologues, psychiatres, les éducateurs, le rapport du QER (Quartier d'évaluation de la radicalisation en prison), tous concluent à une absence totale de radicalisation. Omar est un jeune influençable, pas dangereux", a déclaré son avocate Marie Dosé. "Je ne vois pas en quoi une période de sûreté, qui va l'empêcher de demander un aménagement de peine qui lui permettrait de commencer à se reconstruire, va mieux protéger la société. On est en train, judiciairement, de créer du radicalisme", a-t-elle déploré.

Un jeune Français de 20 ans, jugé à ses côtés pour des velléités de départ en Syrie, a été condamné à cinq ans d'emprisonnement et, fait nouveau, à une privation de ses droits civiques et civils pendant cinq ans.

Les deux jeunes gens se sont vus imposer un suivi socio-judiciaire de cinq ans, avec notamment l'obligation d'exercer une activité professionnelle et/ou de formation.

B.L. avec AFP