BFMTV

Paris: émotion après la mort d’un homme près de la salle de shoot

Plusieurs personnes affirment avoir alerté en vain les services de secours pour venir en aide à un homme, retrouvé mort le lendemain à proximité de la salle de shoot, dans le 10e arrondissement de Paris. Ce drame ravive la controverse autour de la salle de shoot, décriée par certains riverains. D’après le maire de l’arrondissement, la victime n’avait pourtant pas de lien avec le dispositif.

Au matin du 13 juillet dernier, le corps d'un homme a été retrouvé devant le 9 rue Ambroise-Paré, dans le 10e arrondissement. A quelques pas se trouve l'hôpital Lariboisière qui abrite la salle de shoot, à destination des toxicomanes. La veille, des riverains s'étaient inquiété de l'état de santé de l'homme visiblement mal en point, appelant les secours et l'association Gaïa qui gère la salle de shoot.

"J'ai échangé avec différents voisins qui ont appelé la police, les pompiers ou l'association Gaïa. Moi je n'ai vu personne se déplacer dans la journée, personne n'est venu voir ce monsieur (...). Aucun secours ne s'est déplacé, donc c'est grave, c'est non-assistance à personne en danger", affirme une habitante du quartier. 

"Pas de lien" avec la salle de shoot

L'homme était-il toxicomane et coutumier de la salle de shoot? Certains riverains l'assurent dans Le Parisien, rapportant que "ses bras portaient des traces de piqûres qui laissent penser qu'il s'agissait bien d'un consommateur de drogue par injection." Pendant tout l'après-midi, l'homme serait resté agonisant sur le trottoir, malgré les signalements. Une version contredite ce mercredi par le maire du 10e arrondissement.

 "Les maraudes de Gaïa qui interviennent dans la rue l'avaient vu la veille, lui avaient demandé s'il souhaitait de l'aide, il avait répondu qu'il n'en souhaitait pas", explique Rémi Féraud sur BFM Paris. 

L'élu assure également qu'il n'avait "pas de lien avec la salle de consommation" mais que la victime était en revanche "très alcoolisée". Selon lui, les résultats de l'autopsie pratiquée depuis sa mort le confirment. L'association Gaïa précise de son côté que l'homme était inconnu de leur structure.

La grogne des riverains

Pourtant dans le quartier, ce drame est pour certains l'illustration de l'inefficacité de la salle de shoot, décriée depuis sa création il y a huit mois par un collectifs d'habitants. Ces derniers mettent en avant les dégradations des conditions de vie à proximité de la salle de shoot. Ils dénoncent "les nuisances" engendrées par la salle du "deal à ciel ouvert" en passant par les "bagarres violentes". Le maire du 10e arrondissement souhaite faire la part des choses:

"Ce que je refuse c'est qu'on impute à la salle des problèmes qui ne sont pas liés et qu'on soit dans cette logique de bouc-émissaire, où chaque incident à proximité de l'hôpital Lariboisière serait lié à la salle. Si c'est le cas, il faut le dire. Mais quand ce n'est pas le cas, il faut dénoncer aussi les mensonges et les manipulations", martèle Rémi Féraud. 

La salle de shoot du 10e arrondissement constitue une première en France. Elle a été ouverte dans le cadre de la loi santé pour une expérimentation de six ans. Ce type de dispositif existe dans d'autres pays et visent à réduire les risques de transmission de maladie pour les toxicomanes ainsi qu'à les accompagner dans un parcours de soin.

Carole Blanchard avec Thomas Pernette