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Ouverture du procès du "psychothérapeute" qui prescrivait des orgies sexuelles à ses patients

Le tribunal d'Albertville où se tiendra le procès du "pseudo-thérapeute".

Le tribunal d'Albertville où se tiendra le procès du "pseudo-thérapeute". - Google Street View

Un homme auto-proclamé psychothérapeute aurait prescrit des relations sexuelles débridées à des dizaines de patients. Dix-sept d'entre eux se portent partie civile dans le procès qui s'ouvre mercredi à Albertville, en Savoie.

Pratiques sadomasochistes sous le regard du conjoint, prostitution, orgies collectives… des dizaines de personnes auraient été victimes d'un "pseudo-thérapeute", comme le décrit l'ADFI, l'association de protection des victimes de sectes, selon France 3. Jacques Masset, 70 ans, comparaît mercredi devant le tribunal d'Albertville, en Savoie. Il est poursuivi pour abus de faiblesse sur des personnes "en état de sujétion psychologique". Sur une centaine d'anciens patients recensés, seuls 17 seront sur le banc des parties civiles. 

Profitant d'un vide juridique sur la profession de psychothérapeute, Jacques Masset ouvre dans les années 1990 un cabinet à Ugine, en Savoie, relate Le Parisien. L'homme était jusqu'alors agent de propreté à la mairie d'Annecy mais rapidement, il se constitue sa patientèle, facturant des familles entières, sur des années durant. Le "gourou" parviendrait ainsi à gagner jusqu'à 10.000 euros par mois.

Il prescrivait des rapports sexuels

L'analyse du "psy" est simple: "schématiquement, les hommes avaient un problème à régler avec leur mère et les femmes, elles, devaient revivre leur supposé viol (par le père, ndlr) pour le soigner", explique au Parisien maître Roselyne Duvouldy, avocate de 14 parties civiles.

Pour guérir, la prescription est toujours la même: multiplier les rapports sexuels en dehors du couple et sans protection. Ainsi, maître Roselyne Duvouldy raconte: "Une des victimes devait coucher avec dix hommes chaque jour". Jacques Masset met en contact ses différents patients pour qu'ils mettent en pratique les "soins" prescrits. Des "soins" qu'il ne manque pas de se faire raconter en séance, quand il ne les prodigue pas lui-même.

L'homme encourt jusqu'à cinq ans de prison et 750.000 euros d'amende. Selon son maître Max Joly, "il a du mal à comprendre ce qu'on lui reproche, son activité s'exerçant dans des conditions légales".

M. P.