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Orléans : huit pères et une mère retranchés en haut de la cathédrale

La cathédrale d'Orléans

La cathédrale d'Orléans - -

Huit pères et une mère se sont retranchés, jeudi après-midi, sur une terrasse de la cathédrale d'Orléans pour dénoncer des problèmes de garde d'enfants à la suite de séparations et réclamer le respect de la loi. Certains d'entre eux seraient résolus à y rester « jusqu'à ce que la justice se bouge ».

Huit pères et une mère se sont retranchés, jeudi après-midi, sur une terrasse de la cathédrale d'Orléans pour dénoncer des problèmes de garde d'enfants à la suite de séparations et réclamer le respect de la loi.
Le groupe, venu de plusieurs endroits de France, dont la Bretagne ou des villes de Caen et de Périgueux, a investi la cathédrale à l'occasion d'une visite de l'édifice qu'il a lui-même organisée, a expliqué un de ses membres, Jean Le Bail. Les neuf personnes ont ensuite décidé de rester sur la terrasse située au-dessus de la façade principale, au pied de la tour sud. Ils ont déployé des banderoles, peu visibles depuis le bas de la cathédrale. Selon Jean Le Bail, il y est inscrit notamment: « Pères bafoués, enfants volés, ça suffit ».

« Le droit des enfants à leurs deux parents »

« Nous sommes installés en haut de la cathédrale afin de réclamer que le droit des enfants à leurs deux parents soit respecté par la justice », a déclaré ce père, qui a assuré « ne plus avoir de nouvelles de sa fille depuis 2008 (...). Un an après la séparation des parents, il y a 30% des enfants qui ne voient plus le parent à qui ils n'ont pas été confiés. Et dans 80% des cas, c'est le père qui est exclu de la vie des enfants. C'est une violation de la convention internationale des droits de l'enfant dont la France est signataire ».
Lors d'un divorce, « quand le juge prononce le droit de visite et de garde, si le parent qui a la résidence principale ne le respecte pas, il ne le respecte pas en toute impunité. C'est ce qu'on dénonce, a ajouté Jean Le Bail. Ce qu'on demande, c'est le respect de la loi ».

« Faire enregistrer une plainte est une performance »

« En France, faire enregistrer une plainte est une performance, estime ce porte-parole improvisé des parents retranchés. Il faut que les autorités fassent respecter les décisions des juges. Pour cela, il suffit de mettre une astreinte si le droit de visite ou de garde n'est pas respecté ».
Selon Jean Le Bail, le directeur de cabinet du préfet du Loiret ainsi qu'un commissaire de police sont montés sur la terrasse et « demandent pour l'instant à chacun d'expliquer sa situation ». Selon lui, certains membres du groupe « resteront [sur la terrasse] jusqu'à ce que la justice se bouge ». En février, un père divorcé s'était retranché trois jours en haut d'une grue, à Nantes, pour réclamer le rétablissement de son droit de visite sur son fils. Cette action lui avait valu une importante attention médiatique, et avait entraîné plusieurs autres actions de ce genre dans toute la France.

La Rédaction avec AFP