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"On essaie de se reconstruire": le témoignage du père d'une victime de Millas

Fabien a perdu son fils dans le drame de Millas en décembre dernier.

Fabien a perdu son fils dans le drame de Millas en décembre dernier. - Capture BFMTV

Cinq mois après le drame qui a coûté la vie à son fils, Fabien se confie pour la première fois sur sa difficile reconstruction. Ce père de famille évoque la création, avec d'autres parents, d'une association afin de tirer les conséquences de l'accident survenu à Millas et faire en sorte que cela ne se reproduise plus.

Cinq mois après le drame, la douleur est toujours aussi vive. "Aujourd’hui je ne vais pas bien, mais j’essaie d’aller mieux grâce à mes enfants, grâce à l’appui de ma femme et de ma famille", confie Fabien. Ce père de famille a perdu son fils dans la collision entre un car scolaire et un TER à Millas le 14 décembre dernier. Pour la première fois, il prend la parole pour évoquer sa difficile reconstruction.

"Dans mon esprit on est toujours cinq parce que je me suis arrêté au 14 décembre", souffle le père qui vient de déménager avec sa famille pour quitter la maison où son fils a grandi.

"On essaie de se reconstruire à 4"

Ce jour-là, un bus scolaire transportant des adolescents de retour du collège entrait en collision avec un TER à hauteur d'un passage à niveau à Millas, dans les Pyrénées-Orientales. Le bilan est très lourd: six enfants sont décédés et dix-sept autres blessés. "On essaie de se reconstruire à 4, de passer de 5 à 4, livre Fabien. C’est difficile de se dire qu’on peut continuer à rigoler, à s’amuser, à faire des choses quand on a perdu un enfant. On a perdu la chair de notre chair. Quoi faire? Comment faire?"

"Mes deux enfants m’aident beaucoup là-dessus, poursuit-il. Ma petite fille de 6 ans dès qu’elle voit que je vais pas bien, elle me fait un câlin, ça réchauffe le cœur."

Avec d'autres parents victimes de ce drame de Millas, Fabien a créé une association A la mémoire de nos anges. "On ne doit pas oublier, cet accident et ce drame, martèle le père de famille. On ne doit pas oublier, il doit rester en nous tous, parce qu’on est tous concerné par ce drame. (...) On a des parents, grands-parents, oncles, tantes, cousins, cousines, on a tous quelqu’un à perdre et ce drame peut arriver à tout le monde. La preuve, on habite un petit village au fin fond de la France et il y a eu un drame, une catastrophe."

"L'enquête doit prendre son temps"

Outre l'entraide, l'association a pour but de trouver des solutions afin que ce drame ne se reproduise plus. "On doit se servir de ce drame comme exemple(...), insiste Fabien. On doit s’en servir pour dire ‘telle chose n’a pas fonctionné, on va l’arranger pour que ça ne se reproduise plus’. Il y a des accidents qu’on ne pourra pas empêcher, mais il y a des choses qu’on peut changer." L'objectif est ainsi d'aller à la rencontre des pouvoirs publics et de leur dire "voilà, stop, ça suffit. Avançons. Voyons ce qui fonctionne, ne fonctionne pas".

Côté enquête, les investigations n'ont pas livré de réponses concernant la position de la barrière lorsque le car scolaire a franchi le passage à niveau. Alors que la conductrice du bus maintient que cette dernière était ouverte, d'autres témoignages affirment qu'elle était baissée. "On doit laisser l’enquête se faire, l’enquête doit prendre son temps parce que si elle était faite en deux mois ça serait bâclé, affirme patiemment Fabien. Il vaut mieux que ça dure trois ans, deux ans, un an et qu’on soit sûr de ce qu’il s’est passé."

J.C. avec Mélanie Vecchio