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"Je revois l'image tout le temps": Une collégienne qui a assisté à l’accident de car de Millas témoigne

Selon une collégienne qui se trouvait dans le car qui suivait celui percuté par un train à Millas, les barrières du passage à niveau étaient levées. Pour cette jeune fille qui a tout vu et perdu certains de ses amis, le traumatisme reste entier. Elle témoigne pour BFMTV.

Deux mois après le drame de Millas, dans les Pyrénées-Orientales, qui a fait six morts, une question demeure: les barrières étaient-elles levées ou fermées? BFMTV a rencontré une collégienne qui se trouvait dans le car qui suivait celui percuté par un TER sur un passage à niveau. Selon elle, les barrières étaient ouvertes.

"Je revois l'image tout le temps dans ma tête"

"La conductrice est passée, normal parce que la barrière était ouverte. Tout le monde dans mon bus, ils ont dit qu'elle était ouverte et même moi j'ai vu qu'elles étaient ouvertes. Et il n'y a pas eu le signal du point rouge", confie la collégienne.

Elle a tout vu. Le train arriver, la collision puis l'arrivée des secours. Ces images hantent toujours ses pensées la nuit comme le jour.

"Pendant les cours, des fois, je revois l'image tout le temps dans ma tête. Et du coup, j'essaie de penser à autre chose. En fait, ce n'est pas l'image mais c'est le son des vitres qui se cassent. Du coup, ça me fait mal à la tête à chaque fois."

"Je rigolais tout le temps avec eux"

Dans les jours qui ont suivi le drame, cette jeune fille de 13 ans ne voulait plus retourner à l'école, elle avait peur de prendre le bus. Les échanges avec des psychologues et sa famille l'ont aidée. "Ça va mieux parce que il y en a dans ma classe qui sourient, du coup ça me fait plaisir." Le plus dur: l'absence de ses camarades.

"La majorité, je rigolais tout le temps avec eux, ou je les taquinais. Maintenant, je ne peux plus."

Les premières constatations matérielles dont avait fait état le procureur de Marseille allaient "plutôt en faveur d'une barrière fermée". Des expertises sont en cours pour déterminer leur position. La conductrice du car, déjà auditionnée par les enquêteurs, devrait être entendue pour la première fois la semaine prochaine par les juges d'instruction. Elle a été mise en examen pour homicides involontaires et blessures involontaires par imprudence

Plus aucun enfant hospitalisé

Plus aucun enfant n'est hospitalisé, selon les informations de BFMTV. Mais cinq sont toujours pris en charge dans un centre de rééducation à Palavas-les-Flots, dans l'Hérault. 

La jeune fille la plus grièvement blessée a été amputée d'une jambe. Les autres souffrent de traumatismes, de jambes cassées et de pertes de mémoire. Certains sont autorisés à rentrer chez eux le week-end.

Plusieurs enfants qui se trouvaient dans le car seront auditionnés le 21 février prochain pour la première fois. La cellule psychologique ouverte au collège est toujours active. Quant à la route où se trouve le passage à niveau, elle est toujours fermée.

C.H.A. avec Mélanie Vecchio et Laura Lequertier