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Nord: un an de prison ferme pour avoir abandonné son nouveau-né dans des toilettes

L'enfant a été découvert avec seulement une température corporelle de 26 degrés.

L'enfant a été découvert avec seulement une température corporelle de 26 degrés. - Philippe Huguen - AFP

La jeune femme de 18 ans a expliqué au cours de l'audience qu'elle savait qu'elle était enceinte mais qu'elle avait peur d'être exclue par sa famille.

Le drame avait été évité de peu. Une jeune femme de 18 ans a été condamnée mardi à Valenciennes, dans le Nord, à quatre ans de prison, dont trois avec sursis, pour avoir abandonné son nouveau-né vivant dans une cuvette de toilettes de salle des fêtes en juin 2013 et qui avait survécu.

Le tribunal a ordonné le retrait de l'autorité parentale et a assorti la période de sursis d'une mise à l'épreuve de deux ans, contre trois ans requis par le parquet à l'audience du 7 novembre. Une obligation de soins, de travailler ou de se former et une obligation d'indemnisation avec une provision de 5.000 euros en attendant les résultats de l'enfant. 

Une température de 26 degrés

Ce 22 juin 2013, la jeune mère participait à la fête de l'école de sa petite soeur à la salle des fêtes de Raismes, quand elle a mis au monde un petit garçon dans les toilettes. 

Le bébé, dont la température corporelle atteignait à peine 26 degrés et qui a survécu, avait été découvert par un employé municipal et immédiatement hospitalisé. Interpellée quelques jours après cette naissance et la découverte de l'enfant, sa mère avait reconnu les faits.

Agi "par crainte"

La jeune femme, poursuivie pour tentative d'homicide volontaire sur mineur de 15 ans, avait expliqué à l'audience avoir agi par crainte d'être "éjectée de la cellule familiale", selon son avocat. "Elle savait qu'elle était enceinte mais cela ne se voyait pas", a-t-il souligné. "Elle n'a jamais osé avouer qu'elle était enceinte".

"Cette décision m'apparaît juste et empreinte d'humanité", a commenté l'avocat de la jeune femme, Me Eric Tiry. "Cette décision va être acceptée par ma cliente qui a compris aujourd'hui la mesure de la gravité de son geste", a-t-il déclaré.

J.C. avec AFP