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Niger : Areva annonce 1 mort et 14 blessés à Arlit

L’extraction d'uranium au Niger, qui représente environ 20% des besoins français, est stratégique pour Areva.

L’extraction d'uranium au Niger, qui représente environ 20% des besoins français, est stratégique pour Areva. - -

Nouveau bilan des attentats au Niger. Areva annonce le décès d'une victime à Arlit, et 14 blessés, tandis qu'on compte au moins 18 soldats et 4 rebelles islamistes présumés, morts dans l'attaque suicide d'une caserne à Agadez.

Nouveau bilan après les deux attentats suicide qui ont frappé le Niger ce jeudi matin. Areva annonce le décès d'une personne et 14 blessés sur le site minier d'Arlit. Un peu auparavant, le porte-parole du gouvernement nigérien évoquait une trentaine de blessés, dont un grièvement, sans toutefois dénombrer de victimes françaises.
Par ailleurs, au moins 18 soldats et quatre rebelles islamistes présumés ont péri dans les combats consécutifs à l'attaque d'une caserne militaire à Agadez, dans le nord du Niger, a-t-on appris de sources militaires et auprès d'un responsable nigérien. « Il y a 18 soldats et quatre assaillants morts à Agadez », a dit l'une de ces sources. « L'un des assaillants a pris deux ou trois soldats en otages et il est retranché dans une maison. Nous l'encerclons ». « Un kamikaze à bord d'un véhicule tout-terrain a enfoncé jeudi la barrière à l'entrée d'une base militaire d'Agadez aux alentours de 5h », a dit un officier de l'armée.

« Nos soldats ont ouvert le feu sur le kamikaze, qui a actionné sa charge explosive. Nous avons au moins trois blessés dans nos rangs ». « D'autres terroristes suivaient dans des voitures et il y a eu des affrontements », a-t-on appris peu après de sources militaires, qui font état de plusieurs victimes. Un diplomate occidental, s'exprimant sous le sceau de l'anonymat, a estimé à une dizaine le nombre de morts parmi les soldats.
Simultanément, une seconde attaque suicide s'est produite sur le site minier d'Arlit, exploité par Areva. Le groupe français d'énergie nucléaire annonçait 13 blessés, et Paris évoquait « des personnes décédées ». Un salarié d'Areva présent sur les lieux de l'attentat a témoigné anonymement. « Il s'est fait exploser, c'est le seul mort », a-t-il dit, ajoutant : « Il y a quelques blessés, dont un gravement atteint qui a été conduit à l'hôpital ».

Endommagée, la mine d'uranium de Somaïr a été fermée

La mine d'uranium de Somaïr, exploitée par Areva dans le nord du Niger, a été endommagée et est à l'arrêt, a déclaré sur France Inter le porte-parole du gouvernement nigérien, Marou Amadou. « Nous savons que c'est une attaque coordonnée terroriste bien étudiée dans le type de celle qui s'est déroulée en Algérie à In Amenas » en janvier dernier, a-t-il ajouté. « Le site de la Somaïr est sérieusement touché, le matériel stratégique est sérieusement touché », a-t-il ajouté en évoquant le matériel de concassage et de broyage. « Ça suffit pour mettre la mine un moment dans une situation d'arrêt ».

Probablement l’œuvre d’Aqmi ou de Mujao

Un porte-parole du gouvernement nigérien a déclaré que ces attaques étaient l'œuvre d'activistes islamistes, probablement d'Aqmi ou de son émanation le Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (Mujao). « Ce sont des terroristes qui ont perpétré les attaques suicide à Agadez et à Arlit », a déclaré Morou Amadou. « Les terroristes - je ne suis pas sûr de pouvoir dire s'il s'agit d'Aqmi ou du Mujao - ont infiltré ces villes et les forces de sécurité ont été déployées et ratissent les lieux ».
Il s'agit des premières attaques suicide au Niger depuis l'intervention militaire de la France au Mali le 11 janvier dernier qui visait à repousser les djihadistes du nord du pays. L'extraction d'uranium au Niger, qui représente environ 20% des besoins français, est stratégique pour Areva, tant pour l'alimentation des centrales nucléaires françaises que pour la vente de cette matière à ses clients étrangers. Areva emploie environ 2700 salariés au Niger, dont 98% sont des Nigériens. Une trentaine d'expatriés travaillent sur les sites d'Imouraren et d'Arlit. La France s'est dite prête à apporter au Niger tout le soutien dont il pourrait avoir besoin.

Claire Béziau, avec agences