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Nice: le préfet s'explique en personne au tribunal sur le renvoi de migrants mineurs

Palais de justice de Poitiers. (photo d'illustration)

Palais de justice de Poitiers. (photo d'illustration) - Guillaume Souvant - AFP

Georges-François Leclerc, préfet des Alpes-Maritimes, s'est déplacé en personne ce mercredi devant le tribunal de Nice pour justifier le renvoi très contesté d'une vingtaine de mineurs africains non-accompagnés.

Le préfet des Alpes-Maritimes a défendu ce mercredi en personne devant le tribunal administratif de Nice, le renvoi en Italie de 20 mineurs africains non-accompagnés, contesté au nom du droit d'asile et de la protection de l'enfance par 23 associations ou églises et leurs avocats.

Pas de "droit d'assistance particulier"

Selon Georges-François Leclerc, ces mineurs originaires du Darfour, d'Égypte ou encore d'Érythrée n'ont droit à une assistance particulière que s'ils sont en détresse ou déjà arrivés en France, mais pas s'ils sont contrôlés sur un point frontière comme la gare de Menton Garavan.

"En 2017, 517 ont été pris en charge, mis à l'abri et hébergés, et 52 depuis le début de l'année. Dès lors qu'ils sont pris à l'intérieur du territoire, hors point de passage autorisé, les dispositions sont appliquées", a argumenté le préfet, rejetant l'idée d'une administration "désinvolte, en perdition, injuste et qui ne respecterait pas la réglementation".

Des avocats déployés à la frontière franco-italienne

"Le préfet des Alpes-Maritimes agit en bon père de famille", a-t-il ajouté, en niant toutes les irrégularités soulevées par les avocats: procédure expédiée en 5 minutes sans examen individuel et approfondi, formulaires pré-cochés, absence d'interprète, privation de liberté pour ceux qui ont passé toute une nuit enfermés dans un Algeco, etc.

Des bénévoles et des avocats venus de Lyon, Toulouse, Montpellier, Ile-de-France et d'Italie s'étaient mobilisés et déployés au cours du week-end dernier pour vérifier l'application des textes à la frontière franco-italienne, à l'initiative notamment d'Amnesty, de la Cimade, de Médecins sans frontières et de Médecins du monde. 

Des mineurs vivent sous un pont de Vintimille

"Ce que j'ai constaté est ubuesque au regard du droit français et international", s'est indignée l'avocate Nolwenn Paquet, en décrivant "des CRS sortant au faciès du train toutes les personnes de couleur différente de la nôtre" en gare de Menton, les séparant en deux groupes, les majeurs renvoyés à pied et les mineurs remis dans le train.

"Ces enfants vivent sous un pont à Vintimille, sans accès à l'eau potable ni à la nourriture, il n'y a pas de prise en charge", a-t-elle continué. A l'adresse du juge administratif, elle a ajouté: "Ils essaient de vous embrouiller sur la nature de la frontière, mais les droits de la zone d'attente s'appliquent sauf à considérer qu'on est dans un vide juridique qui permet de refouler des personnes sans droit!".

"De qui se moque-t-on quand on dit qu'ils n'ont pas demandé l'asile?", a aussi interpellé l'avocat Zia Oloumi, citant le cas d'un jeune Égyptien qui "a fui la Libye car il a été battu". Le tribunal se prononcera d'ici vendredi soir sur cette procédure en référé.

M. F. avec AFP