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Narbonne : 4 ans de prison ferme pour un automobiliste ivre qui avait tué 2 ados

Le prétoire était trop petit vendredi au tribunal de Narbonne (Aude) pour offrir une place assise à ces dizaines de jeunes. Des amis de Florian et Hélène, les deux victimes du chauffard condamné à 4 ans de prison ferme.

Le prétoire était trop petit vendredi au tribunal de Narbonne (Aude) pour offrir une place assise à ces dizaines de jeunes. Des amis de Florian et Hélène, les deux victimes du chauffard condamné à 4 ans de prison ferme. - -

Le tribunal de Narbonne a condamné vendredi à 5 ans de prison, dont 4 ferme, un conducteur de 29 ans qui, sous l'emprise de l'alcool, avait tué deux jeunes cyclistes de 18 et 15 ans. A la barre, l'homme a demandé pardon aux familles meurtries par ce drame.

Sous l’emprise de l’alcool, il avait tué avec sa voiture deux jeunes cyclistes de 18 et 15 ans. Un conducteur de 29 ans a été condamné vendredi à cinq ans de prison, dont quatre ferme, par le tribunal de Narbonne, dans l’Aude. Abdelfateh Kouraichi est parti directement en prison, le tribunal correctionnel ayant délivré contre lui un mandat de dépôt à l'audience. Il répondait d'homicides involontaires aggravés pour avoir heurté un groupe de jeunes circulant à vélo le 23 mai 2010 vers 2h45.

1,03 g d’alcool dans le sang

Comme Abdelfateh Kouraichi, Florian, 18 ans, et Hélène, 15 ans, installée sur le guidon de son petit ami Loïc, 18 ans, rentraient des Festéjades, une fête populaire qui attire chaque année des milliers de personnes à Gruissan, station balnéaire entre étangs et littoral méditerranéens. Florian et Hélène sont morts. Loïc a été gravement blessé.
Abdelfateh Kouraichi, un Tarn-et-Garonnais en vacances, accusait une alcoolémie située entre 0,72 gramme par litre de sang, selon les données relevées par éthylomètre, et 1,03 g, selon une prise de sang. La limite légale est de 0,5 g. Il a assuré qu'il roulait à la vitesse autorisée de 90 km/h. Mais, les experts ont estimé qu'il devait circuler à une vitesse de 95 à 105 km/h.

« Jamais je ne pourrai me pardonner »

L'émotion et, chez certains, la colère, étaient intactes à l'audience. Pendant trois ans, les amis des victimes ont gardé vivante leur mémoire sur les réseaux sociaux. Le prétoire était trop petit vendredi pour offrir une place assise à ces dizaines de jeunes. « Si vous les connaissiez, vous sauriez pourquoi tant de gens sont là aujourd'hui », a dit Maeva, la soeur jumelle de Florian, quand, tout de noir vêtue, elle a été appelée à la barre.
« Je suis vraiment désolé. Jamais je ne pourrai me pardonner. Pardonnez-moi », a dit Abdelfateh Kouraichi en se tournant vers les proches des victimes quand la présidente du tribunal correctionnel lui a demandé s'il avait quelque chose à leur dire. Devant le tribunal vendredi, il a assumé toute sa responsabilité, comme il l'a toujours fait. Dans un grand silence, il a reconnu qu'il avait bu et a simplement dit ne pas d'être rendu compte qu'il avait heurté les jeunes. Ce n'est pas lui qui devait prendre le volant au retour des Festéjades, mais celui qui devait conduire avait trop bu, a-t-il affirmé.

Pas d’éclairages ni de gilets réfléchissants

En prenant le plus grand soin pour ne pas paraître charger les victimes, son avocat, Me Philippe Clément, a plaidé que, selon tous les témoins, les jeunes n'avaient aucun éclairage sur une route sombre, pas de gilets réfléchissants, et qu'ils avaient préféré emprunter la route plutôt que la piste cyclable qui la longe. D'autres automobilistes ont en effet raconté comment ils avaient évité au dernier moment le trio.
Le procureur David Charmatz avait cependant requis contre lui une lourde peine de cinq ans de prison, dont un avec sursis, « parce que seule la prison est à même de répondre à une infraction qui a causé deux morts ». Le tribunal l'a suivi dans ses réquisitions. Il a assorti sa peine d'une mise à l'épreuve pendant trois ans et de dix ans d'interdiction de permis de conduire.

Philippe Gril avec AFP