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Mort de Zineb Redouane: "Une personne a été tuée par les forces de l'ordre", assure l'avocat de la famille

Une pancarte en hommage à Zineb Redouane, le 27 avril 2019 à Marseille

Une pancarte en hommage à Zineb Redouane, le 27 avril 2019 à Marseille - Gérard Julien - AFP

Mercredi, Christophe Castaner déclarait qu'il ne fallait pas accuser "la police d'avoir tué quelqu'un", sur BFMTV. L'avocat de la famille de Zineb Redouane lui répond ce vendredi dans un communiqué envoyé à BFMTV, martelant que le ministre de l'Intérieur "ment".

"C'est très grave, elle est morte, mais qu'on n'accuse pas la police d'avoir tué quelqu'un", a déclaré Christophe Castaner, ministre de l'Intérieur, sur BFMTV mercredi. Il faisait référence à la Marseillaise Zineb Redouane, octogénaire morte à l'hôpital le 2 décembre après qu'elle a été blessée chez elle par une grenade lacrymogène, lancée dans le cadre d'une manifestation de gilets jaunes.

Yassine Bouzrou, avocat de la famille de Zineb Redouane, a répondu au ministre dans un communiqué au vitriol, envoyé à BFMTV, intitulé "le Président de la République et son ministre de l'Intérieur sont des menteurs et rabaissent leurs fonctions".

"Morte après avoir reçu une grenade en plein visage tirée par les policiers"

"Contrairement aux différentes affirmations des plus hautes autorités de l’État (le président de la République Emmanuel Macron, le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner et son secrétaire d'État, Laurent Nuñez), une personne a été tuée par les forces de l'ordre durant la période du mouvement des gilets jaunes", écrit-il.

Yassine Bouzrou revient sur les différentes déclaration des membres du gouvernement. En plus de celle de Christophe Castaner sur BFMTV, il souligne la déclaration du président de la République classant la mort de Zineb Redouane dans "une catégorie distincte qui est celle des 'morts suspectes' (...) Enfin, selon Monsieur Nuñez, il n’y a 'pas eu de mort directement liée à l’action des forces de l’ordre'."

Morte après "un choc opératoire"

L'avocat réaffirme que Zineb Redouane est "morte après avoir reçu une grenade en plein visage tirée par les policiers (...) Leurs propos sont donc mensongers et particulièrement blessants à l’égard de la famille de la victime."

Une enquête judiciaire est en cours au tribunal de grande instance de Lyon, pour déterminer les causes de la mort de cette octogénaire. Le procureur de la République de Marseille a affirmé qu'elle était morte après "un choc opératoire", "d'un arrêt cardiaque" sur la table d'opération de l'hôpital, où elle a été transportée après sa blessure.

Salomé Vincendon