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Mort de Cédric Chouviat: son père dit n'avoir "aucune indulgence" à l'égard des policiers mis en cause

Le père de Cédric Chouviat, lors d'une marche en la mémoire de son fils à Levallois-Perret, le 12 janvier 2020.

Le père de Cédric Chouviat, lors d'une marche en la mémoire de son fils à Levallois-Perret, le 12 janvier 2020. - GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP

Dans une interview au Parisien, Christian Chouviat réagit à la publication des derniers mots prononcés par son fils lors de son interpellation.

"Une souffrance indescriptible". Au lendemain de la publication par Le Monde et Mediapart des derniers mots prononcés par son fils Cédric Chouviat lors de son arrestation, dont "J'étouffe" dit à sept reprises, Christian Chouviat ne cache pas son indignation. Dans les colonnes du Parisien, il affirme ne plus avoir confiance en la police et réclame une requalification pénale de l'enquête en cours.

Aucune insulte ni arme

Le 3 janvier, Cédric Chouviat, un père de famille de 42 ans travaillant comme livreur, est victime d'un malaise cardiaque aux abords de la Tour Eiffel après avoir été plaqué au sol, casque sur la tête, par trois policiers au terme d'un contrôle routier tendu. Transporté dans un état critique à l'hôpital, il meurt deux jours plus tard des suites d'une asphyxie "avec fracture du larynx", selon les éléments de l'autopsie communiqués par le parquet de Paris.

"L’enregistrement produit par le micro du casque de Cédric nous apprend qu’il n’adresse aucune insulte aux policiers" au cours de son arrestation", observe son père, amer. "Certes, il leur dit des choses comme 'bande de clowns' ou 'bande de guignols' mais c’est le maximum… Rien qui ne justifie une réaction aussi forte."

Christian Chouviat insiste sur le fait que son fils n'a jamais été violent envers les fonctionnaires:

"Il n’a jamais levé la main sur eux. Cédric ne portait ni arme ni objet dangereux. Sa seule arme, c’était son téléphone."

"Je n’ai plus confiance en la police"

Les quatre policiers ont été entendus mercredi dernier en garde à vue, une audition préalable à une éventuelle mise en examen. Selon RTL, le magistrat instructeur les a convoqués "début juillet" et ils pourraient faire l'objet de poursuites. Interrogé sur les agents mis en cause, Christian Chouviat dit n'avoir "aucune indulgence à l’égard de l’un ou l’autre de ces policiers" et souhaite "une peine maximale" en cas de procès.

Depuis le début de l'affaire, la famille de la victime a dénoncé une "bavure policière" causée par des techniques d'interpellation "dangereuses". Aujourd'hui, le père du livreur demande également une requalification de l’information judiciaire, ouverte pour " homicide involontaire " en "violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner ."

"Notre famille a confiance en la justice. Elle fait son travail, et l’enquête semble être menée sérieusement. A l’inverse, je n’ai plus confiance en la police, coupable à mes yeux de beaucoup trop de mensonges depuis le premier jour", affirme-t-il au Parisien.
Esther Paolini Journaliste BFMTV