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Mort d'un jeune à Mourmelon: deux mineurs mis en examen pour assassinat

Le procureur de Reims.

Le procureur de Reims. - BFMTV

Un jeune homme et une jeune fille âgés de 17 ans ont été mis en examen pour l'assassinat d'un adolescent du même âge, poignardé à mort samedi dans un parc de Mourmelon. Le procureur de Reims a publiquement émis l'hypothèse de "nouveaux amants diaboliques".

Le mineur de 17 ans, soupçonné d'avoir poignardé à mort samedi un adolescent du même âge, prénommé Kevin, à Mourmelon-le-Grand, dans la Marne, ainsi que l'adolescente présente au moment des faits, et "presque" petite amie de la victime selon sa propre expression, ont été mis en examen pour assassinat mardi soir.

"Si la participation du jeune garçon semble relativement cernée, celle de la jeune fille et son rôle méritent d'être encore largement précisés (...) Je ne peux que m'interroger pour savoir si j'ai 'de nouveaux amants diaboliques' ou si j'ai une logique de bras armé avec une tête criminelle", a déclaré Matthieu Bourrette, procureur de Reims, lors d'une conférence de presse.

Le parquet a requis un mandat de dépôt à leur encontre.

Des photos accablantes 

Matthieu Bourrette a livré les premiers éléments ressortant des auditions du suspect. Ils font état de sa collusion avec la jeune fille:

"Il a indiqué aux enquêteurs avoir prémédité, préparé et organisé le meurtre de la victime avec la complicité active de la jeune fille. Il soutenait que trois à quatre jours avant les faits les deux protagonistes avaient imaginé ensemble projet suivant, réalisé le premier samedi des faits: la jeune fille devait donner rendez-vous à la victime dans ce bois."

L'examen des téléphones portables a corroboré ces éléments:

"Il a également été établi par l’exploitation des téléphones portables des mis en cause que ceux-ci ont eu des contacts quasi-quotidiens pendant ces six derniers mois, démontrant la proximité entre les deux protagonistes, y compris des photos d’une certaine intimité et suggestibilité de la part de la jeune fille, photos dont on peut se demander pour certaines, si elles n’ont pas été envoyées après les faits."

Une altercation provoquée 

Le magistrat a rappelé "que la jeune fille avait toujours indiqué qu’elle ne connaissait pas l’agresseur". Enfin, il a noté: "Les enquêteurs ont pu découvrir des photos non-datées des deux protagonistes mis en cause se mettant en scène soit ensemble soit seuls avec des répliques d’armes de guerre de type Airsoft."

La justice a apporté d'autres développements encore. La jeune fille voulait se débarrasser de Kevin car celui-ci l’aurait harcelé. Elle a donc fait appel à une de ses connaissances pour s’en débarrasser, le meurtrier présumé lui aussi âgé de 17 ans. Celui-ci, amoureux de la jeune fille selon leurs entourages respectifs et son ex-petit ami selon nos informations, a alors accepté de participer à ce projet macabre.

Face aux enquêteurs il a dit "avoir autant agi pour permettre à la jeune fille de se débarrasser de la victime, pour continuer à avoir des relations intimes avec elle, ce qu’elle ne voulait plus, que par vengeance en ce qui le concernait car la victime l’avait exclu d’un ancien groupe d’amis auquel il appartenait précédemment". 

L’idée était en tout cas d'attirer la victime dans un guet-apens dans le parc ce Mourmelon-le-Grand. Il s'agissait ensuite de simuler le vol du sac de la jeune fille, pour provoquer une altercation, de poignarder Kevin à mort puis ensuite de conduire les enquêteurs sur une fausse piste, de dresser un faux portrait-robot ne lui ressemblant en rien. Il était également prévu de blesser légèrement la jeune fille pour donner davantage de poids au récit d'une agression initiale. 

Le profil des mis en cause 

Le suspect est allé jusqu'à se construire un alibi factice sur Facebook avec des photos. C’est le témoignage d’un camarade du meurtrier présumé qui va faire s'effondrer cette construction. Lundi matin, au lycée, il voit ce dernier boitant, semblant blessé. Il se pose des questions, prévient son père qui alerte la gendarmerie. Les gendarmes vont chercher le suspect à son domicile et trouvent des vêtements ensanglantés.

Ils mettent aussi la main sur l’arme du crime : un couteau de 18 centimètres (un "poignard de combat américain de la seconde guerre mondiale", selon les mots de Matthieu Bourrette). Il s'agit d'un cadeau de ses parents pour sa réussite lors de sa préparation marine selon nos informations, ainsi que l’ADN de ce jeune homme qui s'avère être la même que celle relevée quelques jours plus tôt dans le parc. 

La jeune fille accuse le meurtrier présumé

Il est rapidement placé en garde à vue et raconte être l’auteur des faits mais parle d’une complicité active, dit que tout le projet a été élaboré à deux. Il donne le nom de la jeune fille, rapidement interpellée elle aussi et placée en garde à vue. Celle-ci, toutefois, rejette toute la faute sur son complice présumé et dit qu’il a tout organisé tout seul. La jeune fille ne s'est cependant pas expliqué en longueur puisqu'elle a fait un malaise durant sa garde à vue. 

Pour faire la lumière sur l'assassinat, les enquêteurs vont également devoir mettre au jour les profils des deux mis en examen. Fan de séries policières, elle est une brillante élève dans sa classe de première. Le meurtrier présumé a quant à lui affiché jusqu'ici sa passion des armes à feu. 

Robin Verner avec Mélanie Bertrand