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Mort après un contrôle pendant le confinement: trois policiers mis en examen

L'Assemblée nationale a donné un premier feu vert à la création d'une police municipale à Paris

L'Assemblée nationale a donné un premier feu vert à la création d'une police municipale à Paris - Fred TANNEAU © 2019 AFP

Après la mort, le 8 avril, d'un trentenaire interpellé pour un contrôle du confinement à Béziers, trois policiers ont été mis en examen, a annoncé ce vendredi le parquet.

Trois policiers municipaux de Béziers (Hérault) ont été mis en examen vendredi et placés sous contrôle judiciaire, après la mort le 8 avril, d'un trentenaire interpellé pour un contrôle du confinement, annonce vendredi le parquet de Béziers.

L'homme décédé était schizophrène, selon son avocat, et pouvait être "très agité quand il ne prenait pas son traitement". Condamné à huit reprises depuis 2005 pour des violences et des vols, cet homme au parcours caractérisé par une grande instabilité avait selon les trois policiers municipaux "refusé leur contrôle" et "résisté" à l'interpellation.

Selon leurs déclarations, il aurait été transporté vers le commissariat de la police nationale à Béziers à l'arrière d'un véhicule sur le ventre, menotté, avec un des policiers municipaux assis sur ses fesses "dans le but de le maintenir". A leur arrivée dans la cour du commissariat, "l'individu interpellé était inconscient" et n'a pas pu être ranimé.

Le policier qui était à l'arrière du véhicule, âgé de 33 ans, a été "mis en examen du chef de violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner par personne dépositaire de l'autorité publique dans l'exercice de ses fonctions", détaille le procureur de la République, Raphaël Balland, dans un communiqué. Son contrôle judiciaire lui interdit notamment d'exercer la profession de policier municipal.

Les deux autres, le conducteur et le passager avant, ont eux été mis en examen du chef de non-assistance à personne en péril.

Les policiers maintiennent leurs déclarations initiales

Devant les enquêteurs comme devant le juge d'instruction, ils ont maintenu l'essentiel de leurs déclarations initiales, expliquant que la victime "était toujours très virulente" lors de son transport au commissariat et ne se serait calmée "qu'à leur arrivée sur place, se mettant à émettre un ronflement leur faisant penser qu'il s'était endormi", selon le parquet.

Selon deux témoins, il était au contraire "inconscient sur la banquette arrière avant même que le véhicule ne redémarre".

Selon l'autopsie ordonnée par le parquet de Béziers, l'homme avait subi "un appui maintenu avec une force certaine en région cervicale, probablement avec un genou ou un coude, qui paraît avoir certainement participé au décès en provoquant un syndrome asphyxique".

Une analyse toxicologique avait toutefois aussi révélé "un contexte d'intoxication aiguë suite à une prise massive de cocaïne", toujours selon le parquet de Béziers.

C.Bo. avec AFP