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Mort après un contrôle du confinement à Béziers: ouverture d'une information judiciaire

Police (photo d'illustration).

Police (photo d'illustration). - AFP

Une enquête a été ouverte pour "violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner par personne dépositaire de l'autorité publique dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de ses fonctions ou de sa mission" et "non-assistance à personne en péril".

Une information judiciaire contre X a été ouverte par le parquet dans l'enquête sur le décès d'un homme de 33 ans après son interpellation par trois policiers municipaux de Béziers dans le cadre d'un contrôle du confinement, a annoncé mercredi le procureur. 

Cette information judiciaire, dont l'ouverture a été requise samedi, porte sur des chefs de "violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner par personne dépositaire de l'autorité publique dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de ses fonctions ou de sa mission" et "non-assistance à personne en péril", précise Raphaël Balland dans un communiqué, confirmant une information du Parisien-Aujourd'hui en France

Les investigations se poursuivent désormais sous la direction d'un magistrat instructeur du tribunal judiciaire de Béziers "dans le but de déterminer avec la plus grande précision possible les circonstances dans lesquelles l'homme de 33 ans a trouvé la mort", ajoute le procureur.

Aucune mise en examen à ce stade de l'enquête

Le magistrat instructeur a saisi le service régional de police judiciaire (SRPJ) de Montpellier pour procéder à ces investigations, précise-t-il aussi.

À ce stade, aucune personne n'a été mise en examen ou placée sous statut de témoin assisté, poursuit le procureur, qui ajoute qu'une soeur du défunt s'est constituée partie civile par l'intermédiaire de son avocat Me Jean-Marc Darrigade. 

L'homme était domicilié chez elle depuis le confinement, selon l'avocat. "Elle s'occupait très régulièrement de lui car il était malade", souffrant de schizophrénie depuis l'âge de 15 ans, ajoute Me Jean-Marc Darrigade. Cette femme veut aujourd'hui "simplement connaître la vérité. Elle n'a rien contre personne, mais elle reste très choquée par le drame".

"Il va falloir que certains donnent des explications", a encore estimé l'avocat, notant que des témoins soutiennent des versions différentes de celle des policiers. Le trentenaire "a eu des antécédents avec la police municipale" et était "très agité quand il ne prenait pas son traitement", ajoute-t-il encore. 

L'homme est décédé peu après son interpellation

Me Luc Abratkiewicz, qui défend les policiers municipaux, souligne pour sa part à ce stade que ces derniers ont "de bons états de service". 

L'homme de 33 ans est mort mercredi soir à Béziers, peu de temps après son interpellation par la police municipale de la ville, le premier décès en France à la suite d'un contrôle des mesures de confinement. Condamné à huit reprises depuis 2005 pour des violences et des vols, cet homme au parcours caractérisé par une grande instabilité et présenté par certains comme un SDF, avait selon les trois policiers municipaux "refusé leur contrôle" et "résisté" à l'interpellation.

Selon leurs déclarations, il aurait été transporté vers le commissariat de la police nationale à Béziers à l'arrière d'un véhicule sur le ventre, menotté, avec un des policiers municipaux assis sur ses fesses "dans le but de le maintenir". À leur arrivée dans la cour du commissariat, "l'individu interpellé était inconscient" et n'a pu être ranimé.

H.G. avec AFP