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Mireille Ballestrazzi, le chef de la PJ est une femme

Mireille Ballestrazzi, ici à la séance d'ouverture du 1er forum Interpol "technology against crime", le 8 juillet 2013 à Lyon.

Mireille Ballestrazzi, ici à la séance d'ouverture du 1er forum Interpol "technology against crime", le 8 juillet 2013 à Lyon. - -

Depuis un an à la tête d'Interpol, cette commissaire de 59 ans a été nommée mercredi à la tête de la police judiciaire française.

C'est une des premières femmes à avoir exercé de hautes responsabilités dans la police en France. Cheveux courts, pommettes saillantes, brushing impeccable, Mireille Ballestrazzi est désormais à la tête de toute la PJ française. Cette commissaire de 59 ans, chef depuis un an d'Interpol, a été nommée ce mercredi en Conseil des ministres directrice centrale de la police judiciaire.

Dans les années 1970, elle a été l'une des premières femmes à s'asseoir sur les bancs de l'Ecole nationale supérieure de la police à Saint-Cyr-au-Mont-d'Or, dans le Rhône. Elle y a côtoyé Martine Monteil, première et seule femme à avoir dirigé la DCPJ avant elle. Les sarcasmes provoqués par l'arrivée de femmes dans la hiérarchie, elle les a évoqués dans Madame la commissaire, son autobiographie publiée en 1999 aux Presses de la Cité.

Sous ses ordres désormais, plus de 5.000 fonctionnaires répartis dans neuf services centraux en charge du crime organisé, affaires financières et lutte contre le trafic international de stupéfiants, et douze services territoriaux implantés en régions.

Commissaire à 22 ans

Une diversité que Mireille Ballestrazzi a elle-même connue au cours de sa carrière. Commissaire à 22 ans, elle a été deux ans plus tard à la tête d'un groupe de répression du banditisme à Bordeaux, puis, au début des années 1990, au service régional de Corse alors en proie aux attentats. Elle a aussi commandé le service de la PJ en charge de la répression de la délinquance économique et financière.

En 1987, alors à la tête de l'Office central pour la répression des vols d'oeuvres et d'objets d'art, elle s'est rendue célèbre jusqu'au Japon en retrouvant dans ce pays quatre tableaux de Jean-Baptiste Corot dérobés en Côte-d'Or. Trois ans plus tard, elle récupérait aussi en Corse neuf toiles impressionnistes volées au musée parisien Marmottan, dont la célèbre Impression soleil levant de Monet.

En 2010, elle s'était hissée à la deuxième place de la hiérarchie, sous les seuls ordres de Christian Lothion. C'est ce dernier, à la retraite au 1er janvier 2014, qu'elle remplace désormais à la tête de la PJ.

Mathilde Tournier et avec AFP