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Migrants sur un ferry à Calais: 8 personnes jugées en comparution immédiate lundi

Après les incidents survenus à l'issue d'une manifestation en soutien aux migrants samedi, Bernard Cazeneuve a assuré la "détermination totale du gouvernement à assurer l'ordre public à Calais". Huit des quinze gardés à vue seront jugés lundi en comparution immédiate.

Six migrants et deux militants altermondialistes No border seront jugés lundi en comparution immédiate pour s'être introduits illégalement samedi soir sur un ferry, a annoncé le procureur de Boulogne-sur-Mer, Jean-Pierre Valensi. Ces migrants, de nationalité afghane, soudanaise et érythréenne, et les deux militants français sont poursuivis pour "infraction au code des transports" et s'exposent à une amende de 3.750 euros et 6 mois de prison, a précisé le procureur lors d'une conférence de presse à Calais en présence de la préfète du Pas-de-Calais.

Les prochaines manifestations sous haute surveillance?

"Les événements de la soirée de samedi sont consécutifs à une manifestation qui s'était déroulée sans heurts", a pour sa part rappelé Fabienne Buccio, la préfète qui a indiqué que "cet événement va (la) pousser à accorder d'autres manifestations de ce type avec un autre regard" à l'avenir.

Un peu plus tôt, face à l'exaspération de certains Calaisiens le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve avait dit la "détermination totale du gouvernement à assurer l'ordre public à Calais", après l'intrusion de migrants sur un ferry, un événement exceptionnel qui avait débouché sur 15 gardes à vue.

La nuit dernière, les forces de l'ordre ont "procédé à l'éviction de 350 migrants qui bloquaient le port de Calais" et dont certains étaient montés à bord d'un ferry, rapporte le ministère de l'Intérieur dans un communiqué. 35 personnes ont été interpellées - 26 migrants pour embarquement frauduleux sur un navire, et 9 militants du collectif "No Borders" -, et 15 ont été placées en garde à vue.

Un appel pour une "réunion de crise en urgence"

Face aux appels des élus locaux, par exemple celui du président de région Xavier Bertrand réclamant une "réunion de crise en urgence", le ministère a rappelé le versement de 50 millions d'euros dans le cadre d'un "contrat territorial", ainsi que le renforcement des mesures de maintien de l'ordre, notamment à travers la mobilisation depuis plusieurs mois de 17 unités de forces mobiles (compagnies de CRS et escadrons de gendarmes mobiles).

Le communiqué évoque aussi les "importants travaux de sécurisation du tunnel et du port" depuis l'été dernier, ainsi que la mise en place de "solutions humanitaires" qui "ont permis de ramener le nombre de migrants présents à 4.000, contre 6.000 il y a quelques mois." Les services de Bernard Cazeneuve, qui se rend lundi à Amsterdam pour une réunion avec ses homologues de l'Union européenne, ont souligné qu'il s'était rendu 7 fois à Calais depuis qu'il est ministre de l'Intérieur.

La maire de Calais Natacha Bouchart et le président de la région Xavier Bertrand seront reçus le 3 février par le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve et son homologue de la Justice Christiane Taubira, a-t-on appris dimanche dans l'entourage de Bernard Cazeneuve. Le député PS du Pas-de-Calais Yann Capet sera également présent à cette réunion, a-t-on précisé de même source, alors que la ville portuaire est confrontée à la présence de nombreux migrants.

la rédaction avec AFP