BFMTV

Meurtre d'Oliver: marche blanche organisée à Sevran alors que deux jeunes sont présentés à un juge

La déesse de la Justice

La déesse de la Justice - LOIC VENANCE / AFP

Près de dix jours après la disparition du jeune Oliver sur les bords du canal de l'Ourcq, son corps a été retrouvé jeudi à Tours.

Deux jeunes de 26 et 27 ans ont été présentés ce samedi à un juge d'instruction de Bobigny après le meurtre d'Oliver, 17 ans, dont le corps a été découvert jeudi près de Tours, à 250 kilomètres du lieu de sa disparition une semaine plus tôt. Ils ont été mis en examen et écroués samedi, quelques heures après une marche blanche en mémoire du jeune homme.

La famille de l'adolescent avait appelé à une marche blanche partant de Sevran, où il vivait, pour se rendre à Noisy-le-Sec (Seine-Saint-Denis), où Oliver a été lynché lors d'une rixe sur les bords du canal de l'Ourcq, dans la nuit du 6 au 7 novembre.

650 personnes étaient présentes, selon la police. Dans le cortège silencieux mené par la mère de l'adolescent, de nombreux jeunes, pour beaucoup vêtus d'un T-shirt blanc frappé du visage juvénile d'Oliver. "Mon fils était gentil, respectueux. Mon fils n'était pas violent, pas un voyou, pas un trafiquant de drogue", a dit sa mère, vêtue de blanc, un bouquet de fleurs à la main. Le père du jeune homme a ensuite appelé les jeunes "à arrêter de s'entretuer". 

Mort suite à "une accumulation de coups"

Dix jours après sa disparition, le scénario commence à se dessiner : Oliver "aurait prétendu" vendre du cannabis à des jeunes de Noisy-le-Sec, "mais il n'en avait pas", a expliqué à une source proche de l'enquête. S'en serait suivie une déferlante de violence.

Les deux jeunes placés en détention provisoire samedi, originaires de Noisy-le-Sec, sont notamment poursuivis pour séquestration avec actes de torture et de barbarie ayant entraîné la mort et association de malfaiteurs en vue de commettre un crime.

Le premier s'était présenté spontanément à la police mardi et le second avait été arrêté jeudi au retour d'un voyage express en Thaïlande. 

L'autopsie réalisée vendredi sur le corps du jeune homme n'a pas permis d'établir précisément la date de sa mort, consécutive, selon une source proche de l'enquête, à "une accumulation de coups" et "au fait d'être resté dehors, très affaibli, alors qu'il faisait froid".

Le corps déplacé à 250 km "dans la panique"

Pourquoi ses meurtriers ont-il parcouru 250 kilomètres en voiture pour abandonner son corps, seulement vêtu d'un caleçon, dans un bois à Veigné (Indre-et-Loire)? Les enquêteurs penchent pour une volonté de brouiller les pistes "dans la panique", alors que des appels à la vengeance les ciblant circulaient sur les réseaux sociaux. 

Lundi, un adolescent de 17 ans, lui aussi de Noisy-le-Sec, a déjà été mis en examen et écroué, soupçonné d'être également impliqué dans la disparition et le meurtre du jeune homme.

Des images de l'agression ont été diffusées sur Snapchat. On y voit la victime, allongée au sol, le visage en sang. Une voix masculine lance "casse-toi, casse-toi dans l'eau". Après la disparition de l'adolescent, sa mère avait appelé au calme dans les médias, implorant qu'on lui "rende" son fils "même s'il est mort".

Me.R. avec AFP