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Meurtre d'Anaïs Marcelli: son père veut relancer l'enquête

Un avis de recherche d'époque témoignant de la disparition d'Anaïs Marcelli.

Un avis de recherche d'époque témoignant de la disparition d'Anaïs Marcelli. - -

Plus de 23 ans après le meurtre non élucidé d'une fillette de dix ans, Anaïs Marcelli, son père demande la réouverture de l'instruction en raison "d'éléments nouveaux" incriminant un proche de la famille.

Son visage est moins connu que celui du petit Grégory, mais sa mort fait elle aussi partie des grands mystères des annales criminelles. Et dans sa région, personne ne l'a oubliée. Anaïs Marcelli n'avait que 10 ans lorsqu'elle a été retrouvée morte, au sommet du col de Bussang, dans les Vosges. Plus de vingt-trois ans après les faits, coup de théâtre: son père demande la réouverture de l'instruction.

"J'ai des éléments nouveaux que je pense consistants, sérieux et pertinents", confie son avocat Me Thierry Moser. Des éléments qui impliqueraient "un proche de la famille". Le possible nouveau suspect, "dans le collimateur" de la justice au début de l'affaire, n'avait jamais été réellement inquiété à l'époque, faute de charges suffisantes, précise l'avocat.

Il n'en a pas dit plus, mais à l'époque, un homme avait intéressé de très près les enquêteurs, au vu des incohérences dans son emploi du temps notamment, et de son comportement suspect: son grand-père, gardé à vue pendant 45 heures. C'est désormais au procureur de la République de Mulhouse, dans le Bas-Rhin, de se prononcer sur cette demande de réouverture d'enquête.

Un enlèvement, un corbeau...

Retour sur les faits. Le 14 janvier 1991, Anaïs Marcelli quitte seule l'école primaire vers 18 heures, après l'étude, et marche d'un pas alerte à pied vers son domicile, à 700 mètres de là. Une heure plus tard, la police est alertée: la petite enfant, fille unique, n'est jamais arrivée chez sa mère, chez qui elle vivait à l'époque. La mobilisation est alors immense, et de grandes battues seront organisées. En vain.

Pendant ce temps, un corbeau joue avec les nerfs des enquêteurs en envoyant plusieurs courriers, où il affirme qu'il prend soin de la petite Anaïs, "sage et soumise". Jacques Pradel, alors journaliste sur RTL, recevra même un courrier d'un cynisme absolu, disant simplement "Alors, on patauge dans la semoule?"

... puis un meurtre

Trois mois après, le 21 avril, son corps sera finalement retrouvé par un couple de randonneurs dans une forêt des Vosges, le long de la nationale 66, à une trentaine de kilomètres de chez elle. La petite fille a été étranglée, mais n'a pas subi de violences sexuelles avant sa mort. Son corps est disposé étrangement, avec des pierres autour d'elle, comme pour construire un macabre mausolée, rapportent les acteurs du dossier de l'époque, interrogés par Karl Zéro.

La douloureuse angoisse de ses parents se mue alors en terrible désespoir. Deux premières instructions se solderont par des non-lieux, en 1997 puis en 2002, après la mort d'un autre suspect aux Pays-Bas. Depuis, plus rien. Le dossier n'a pas bougé. La prescription judiciaire de cette affaire interviendra en 2020.