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Meurtre à Sevran: 20 et 10 ans de prison requis contre l'accusé et son complice

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photo d'illustration - AFP

Vingt ans de réclusion ont été requis vendredi matin aux assises de Seine-Saint-Denis contre un jeune homme de 25 ans, accusé d'avoir tué à la kalachnikov un jeune de Sevran après une vente de cannabis qui a mal tourné.

Dix ans ont été requis contre un autre accusé de 23 ans, pour complicité. L'avocat général s'est dit "totalement convaincu" de la culpabilité de Fares Rahaoui, accusé d'assassinat sur un jeune homme de Sevran en janvier 2013, ainsi que de la complicité de William Tirolien, 23 ans, qui connaissait les projets de meurtre de son ami et l'a conduit en voiture sur les lieux.

Victime d'un règlement de comptes

Le soir du 13 janvier 2013, Fares Rahaoui et son ami se rendent à Sevran pour acheter de l'herbe de cannabis. La victime et deux de ses amis prennent l'argent, près de 1.000 euros en liquide, mais ne reviennent jamais avec la marchandise. Quelques heures plus tard, la victime est retrouvée au pied d'un immeuble de la cité, avec plusieurs balles de kalachnikov dans le dos. "Il faut le dire, c'est un règlement de comptes, une exécution froide", a déclaré l'avocat général, qui qualifie ces faits de "bassesse" et de "lâcheté". "C'est une violence soudaine, impulsive et brutale, pour régler un différend", a-t-il ajouté.

Une vengeance privée non tolérable

"Si la victime a effectivement escroqué les accusés, toutes les responsabilités ne sont pas à mettre sur le même plan, et il n'y a pas de vengeance privée qui soit tolérable". Le ministère public a requis vingt ans de réclusion contre Fares Rahaoui, accusé d'être le tireur. "C'est une personne inquiétante, qui a un côté manipulateur", a-t-il estimé. Pour son complice, présent au moment des faits mais resté dans la voiture, il requiert dix ans, "compte tenu de son repentir et de son action plus distante des faits".

Il a également fustigé la tentative de retournement de situation lors de l'audience de jeudi, où le principal accusé a rejeté la responsabilité sur son complice. "Vous sentez William Tirolien capable d'être le tireur, lui, 'le petit' comme l'appelle Fares Rahaoui ?", a insisté l'avocat général. "Je sais que le doute doit profiter à l'accusé, mais quel doute ?", a-t-il conclu, énumérant des preuves matérielles et des témoignages qui selon lui incriminent les deux accusés. Vendredi après-midi, la parole sera à la défense avant le verdict, attendu dans la soirée.
A.-F. L. avec AFP