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Messages racistes sur Facebook: le policier à l'origine du groupe "FDO 22 Unis" s'explique

Créé en janvier 2015, après les attaques contre Charlie Hebdo, le groupe "FDO 22 Unis" a été épinglé pour de nombreux messages et commentaires racistes. Une enquête a été ouverte par le parquet de Paris.

Un peu plus de deux semaines après la révélation, par le site Streetpress, de messages racistes publiés par des policiers sur Facebook, le créateur du groupe "FDO 22 Unis" confie, dans les colonnes du Parisien, être dépassé par les événements. Alors que le parquet de Paris a ouvert une enquête pour "injure publique à caractère raciste" et "provocation publique à la haine raciale", cet agent de 33 ans assure n'avoir pour le moment pas encore été entendu par les autorités.

"Je m'y attends, cela ne devrait pas tarder", affirme-t-il tout en assurant avoir "désactivé le groupe" et "l'avoir archivé le temps de l'enquête".

En janvier 2015, après les attaques contre la rédaction de Charlie Hebdo, au cours desquelles deux policiers ont trouvé la mort, il décide de créer le groupe "FDO 22 Unis" pour offrir aux forces de l'ordre "un espace sécurisé et fermé". "J'ai senti que la profession cherchait un espace d'expression", explique-t-il. "Ca a rapidement pris de l'ampleur, on sentait qu'ils avaient envie de parler", poursuit le policier.

Blagues potaches et propos racistes

Si les règles de publication du groupe sont clairement énoncées - "Exprimez-vous librement dans les respect des uns et des autres. Pas d'injures" -, les captures d'écran publiées par Streetpress révèlent de fréquents dérapages. Le créateur du groupe se défend: il assure avoir supprimé "pas mal de messages" et avoir rappelé ses collègues à l'ordre à plusieurs reprises.

"J'ai aussi exclu des membres", souligne-t-il, notamment début 2018, "une collègue qui continue à insulter gratuitement des collègues et les autres corps de métier".

Interrogé sur le racisme des policiers, le créateur du groupe tente de nuancer les accusations. "Il y a différents niveaux de commentaires. Les blagues potaches d'un côté et les propos racistes de l'autre", considère-t-il. "Des tas d'humoristes font des blagues en imitant des accents, ce n'est pas pour autant qu'ils sont racistes. Chez les flics, il y a des racistes mais il y en a aussi beaucoup qui ne le sont pas", assure-t-il.

Mélanie Rostagnat Journaliste BFMTV