BFMTV

Mediator: "une tromperie criminelle concernant un poison"

Irène Frachon a dénoncé à l'occasion de la remise de l'expertise médico-judiciaire ce vendredi une "tromperie criminelle concernant un poison".

Irène Frachon a dénoncé à l'occasion de la remise de l'expertise médico-judiciaire ce vendredi une "tromperie criminelle concernant un poison". - -

Pour Irène Frachon, le médecin qui dénonce depuis des années les méfaits du Mediator, le rapport d'expertise remis au parquet de Paris ce vendredi va dans le bon sens. Ce que confirme maître Joseph-Oudin, avocat des victimes.

"Ce rapport reprend point par point ce que nous dénonçons depuis 2009, à savoir une tromperie criminelle concernant un produit mortel, un poison." Le docteur Irène Frachon a été l'une des premières à réagir au rapport d'expertise sur le Mediator, remis vendredi matin au parquet de Paris.

Celle qui dénonce depuis des années les effets secondaires du Mediator, médicament largement prescrit comme coupe-faim pendant une trentaine d'années et qui serait à l'origine de graves complications cardiaques, a salué un raport qui va dans le bon sens selon elle.

"Effectivement, il y a eu de milliers de morts, des dizaines de milliers de victimes. Celles qui sont vivantes et malades aujourd'hui réclament justice. Il est temps que le mensonge cesse et que vienne le temps de la réparation", a conclu Irène Frachon.

Un rapport qui fait date pour l'avocat des victimes

"On a la confirmation par des juges d'instruction, qui sont indépendants, de la dangerosité du Mediator et du fait qu'il a causé un nombre de morts et d'hospitalisation extrêmement important", abonde Charles Joseph-Oudin, avocat des victimes du Mediator.

Surtout, l'avocat revient sur la chronologie du scandale évoqué dans le rapport. La "confirmation par les juges" du fait que "le médicament aurait dû être retiré à la fin des années 90" constitue pour lui "un point fondamental pour que l'indemnisation des victimes puisse avancer".

"De très nombreuses expertises ont eu lieu sur des personnes et nous attendons toujours que les laboratoires Servier indemnisent les victimes qui sont extrêmement malades", a conclu Charles Joseph-Oudin.

Alors que l'instruction continue et que la mise en examen de l'Agence française du médicament a été prononcée en mars, un très grand nombre de dossiers a été jugé irrecevable par la commission médicale chargée de les examiner.


A LIRE AUSSI:

>> Notre dossier sur l'affaire Mediator

>> Médiator: rapport accablant des experts judiciaires

>> Mediator: l'Agence du médicament mise en examen

>> L'affaire du Mediator en chiffres

>> Indemnisation des victimes: l'énorme majorité des demandes rejetée

David Namias et BFMTV