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Maurice Agnelet accusé par son fils du meurtre d'Agnès Le Roux

Maurice Agnelet, le 17 mars 2014.

Maurice Agnelet, le 17 mars 2014. - -

L'un des fils de Maurice Agnelet, Guillaume, a accusé son père du meurtre d'Agnès Le Roux, donnant des détails sur les circonstances du crime. Un témoignage qui pourrait tout faire basculer, à quelques jours du verdict.

Coup de théâtre dans le procès Agnelet. Alors que le verdict du troisième procès de Maurice Agnelet, jugé devant la cour d'assises d'Ille-et-Vilaine pour l'assassinat présumé de sa maîtresse, Agnès Le Roux, sur fond de guerre des casinos, est attendu à la fin de la semaine, un coup de théâtre s'est produit dans cette affaire.

Selon Nice-Matin, l'un des deux fils de Maurice Agnelet, Guillaume, a contacté le parquet général de Chambéry pour accuser son père d'être coupable du meurtre de la jeune femme, disparue en 1977, d'après des confidences qu'il aurait recueillies de son père et de sa mère. Un rebondissement également raconté sur Twitter par une journaliste du Monde, présente à l'audience.

#Agnelet: bouleversement d'audience. Son fils Guillaume accuse son père d'être le meurtrier et livre détails de ce qui serait scène de crime
— pascale.robert-diard (@robert_diard) 7 Avril 2014

Mandat de dépôt

Selon les informations de Nice-Matin, Guillaume Agnelet a raconté que son père aurait tiré une balle dans la tête de la jeune femme de 29 ans à Montecassino, en Italie, avant d'appeler au secours pour s'assurer que personne n'avait entendu le coup de feu -auquel cas il aurait prétexté un suicide. Toujours selon son fils, Maurice Agnelet aurait ensuite enterré Agnès Le Roux dans un bois.

"C'est du délire", a réagi Maurice Agnelet, se disant "totalement abasourdi". Et de justifier: "Mon fils est en pleine dépression". A la suite de ces accusations, l'avocat général a immédiatement demandé un mandat de dépôt à l'audience. La cour doit se prononcer dans la matinée de lundi.

"J'aurais eu des regrets jusqu'à la fin de ma vie"

De son côté, Guillaume Agnelet, 45 ans, a réitéré ses accusations contre son père en visioconférence devant la cour d'assises d'Ille-et-Vilaine, disant se confesser pour éviter "des regrets jusqu'à la fin de sa vie". "Je n'allais pas bien depuis que j'avais 16 ans. Si je ne le faisais pas maintenant, j'aurais eu des regrets jusqu'à la fin de ma vie", a ainsi déclaré Guillaume Agnelet en réponse à une question du président, lui demandant pourquoi il faisait maintenant ce témoignage contre son père, 36 ans après les faits. Guillaume Agnelet a affirmé ne pas avoir témoigné plus tôt "pour le bien de la famille". Il doit être de nouveau entendu mercredi 9 avril, à Rennes.

Pour Dominique Rizet, spécialiste police-justice, le dossier d'accusation contre Maurice Agnelet, qui reste le suspect numéro 1, est assez léger puisque aucune preuve n'a été retrouvée. "Agnès Le Roux disparaît, ainsi que son 4x4 Range Rover que l'on ne retrouvera jamais", rappelle Dominique Rizet. Maurice Agnelet avait bénéficié d'un acquittement avant d'être condamné en appel à vingt ans de prison en 2007. La Cour de cassation avait ordonné en 2013 la tenue d'un nouveau procès.

A.S. et avec Dominique Rizet