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Affaire Le Roux: un enquêteur charge Agnelet

Maurice Agnelet répond aux journalistes le 17 mars 2014.

Maurice Agnelet répond aux journalistes le 17 mars 2014. - Crédits photo : nom de l'auteur / SOURCE

Pour le policier chargé de l'enquête sur la disparition d'Agnès Le Roux, Maurice Agnelet est "le seul à avoir intérêt à la disparition" de la jeune femme. Le point sur ses arguments.

e policier chargé de l'enquête sur la disparition d'Agnès Le Roux, le weekend de la Toussaint 1977, a accablé vendredi Maurice Agnelet, jugé à Rennes pour le meurtre de sa maîtresse et "le seul à avoir intérêt à la disparition" de la jeune femme, selon lui.

"La seule personne à avoir intérêt de la disparition d'Agnès Le Roux, c'est Maurice Agnelet", a déclaré à la barre Christian Noguera, chargé en 1978 de l'enquête sur la disparition de la riche héritière d'un casino niçois, que personne n'a revue depuis.

Deux éléments clés

• L'argent. Pour étayer ses affirmations, Christian Noguera a rappelé cet élément-clé du dossier. Trois millions de francs, touchés par Agnès pour la vente de ses parts dans le casino familial, le Palais de la Méditerranée, au concurrent et versés sur un compte joint des deux amants, vont se retrouver sur un compte personnel d'Agnelet.

"En février 1978, il a réuni la totalité des fonds perçus par Agnès Le Roux" et "désormais il est le seul bénéficiaire de son argent", a commenté l'enquêteur aujourd'hui âgé de 80 ans.

• Un mot laissé. Agnelet mentionne le 7 octobre 1977 à une amie d'Agnès, après sa 2ème tentative de suicide, un mot qu'elle a laissé, daté du 6 octobre: "Mon chemin est fini, je m'arrête là, je veux que Maurice s'occupe de tout."

Or ce mot est retrouvé seulement en mars 1978 par les enquêteurs, quand s'ouvre l'enquête sur la disparition, amputé de sa date. Et ils découvrent lors d'une perquisition au cabinet d'Agnelet la photocopie de ce message. Pour l'enquêteur, c'est Agnelet qui a déchiré le message, le rendant "intemporel". Et les parties civiles soupçonnent Agnelet d'avoir voulu s'en servir pour faire passer la disparition d'Agnès pour un suicide.

Des livres annotés

Outre différents mensonges d'Agnelet pendant ses auditions, l'enquêteur a aussi révélé que l'ancien avocat annotait certains livres, dont cinq ont, selon lui, un rapport avec l'affaire. Ainsi le 7 octobre 1977, jour de la tentative de suicide d'Agnès, il écrit sur un livre de Rimbaud "classement dossier" avec notamment les lettres PM pour, selon l'enquêteur, "Palais de la Méditerranée".

"Il est sûr qu'Agnès est morte", relève l'enquêteur, "mais Agnès en réchappe". Et le 2 novembre, il écrit sur un autre livre "reclassement" avec les mêmes initiales. "Ça a une signification accablante", selon l'enquêteur qui situe la disparition d'Agnès entre le 27 octobre et le 30 octobre.

Pour l'avocat d'Agnelet, Me François Saint-Pierre, il manque toujours des "preuves" de la culpabilité de son client. Les conclusions de l'enquêteur sur l'implication de Maurice Agnelet ne sont que "pure spéculation".