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Marwa: le Conseil d'Etat ordonne le maintien des soins du bébé plongé dans le coma

Le père de Marwa avec sœur jumelle, Safa.

Le père de Marwa avec sœur jumelle, Safa. - ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP

Le Conseil d'Etat, qui a rendu son avis mercredi après-midi, ordonne le maintien des soins de la petite Marwa, âgée de 15 mois, comme le réclamaient ses parents. La famille de la petite fille se "réjouit" de cette décision.

La décision était très attendue. Ce mercredi, le Conseil d'Etat s'est prononcé pour le maintien des soins de la petite Marwa, un bébé lourdement handicapé. Alors que les médecins préconisaient l'arrêt des soins, les parents de la petite fille, qui a une sœur jumelle, demandaient son maintien en vie. Il s'agit d'une décision définitive, contre laquelle aucun recours n'est possible.

La plus haute juridiction administrative a estimé que poursuivre les traitements ne relevait pas d'une "obstination déraisonnable", ce qui est la condition posée par la loi à un arrêt des soins. L'avocate des parents de Marwa a fait savoir que la famille se "réjouissait" de la décision du Conseil d'Etat. 

Le Conseil d'Etat, statuant en urgence, a jugé qu'il n'y avait "à ce stade pas de certitude sur (l') état de conscience et (l') évolution à venir" de l'enfant, et il a tenu compte également de "l'opposition déterminée des parents" à l'arrêt des soins de la petite fille, a dit sa porte-parole Suzanne Von Coester.

"Elle nous montre qu'elle est là"

L'Assistance publique-Hôpitaux de Marseille avait demandé au juge administratif de dernier recours de confirmer une décision de "mettre fin aux thérapeutiques actives" et à la "ventilation" de la petite fille, datant du 4 novembre dernier. Cette décision avait été suspendue par le tribunal administratif de Marseille début février, à la demande des parents. L'enfant avait été admise à l'hôpital de la Timone le 25 septembre 2016 pour un virus foudroyant.

Marwa "est consciente mais atteinte d'un déficit moteur majeur" et "irréversible", avaient écrit les médecins dans un rapport au tribunal administratif. Ils avaient aussi confirmé "une atteinte neurologique sévère et définitive".

"On sait qu'elle va avoir un handicap lourd. Nous, on accepte son handicap, elle a le droit de vivre parce que quand je regarde dans ses yeux, elle nous montre qu'elle est là, elle s'accroche", avait déclaré son père Mohamed Bouchenafa lors d'une marche organisée à Marseille, deux jours après l'audience à Paris.

C.V. avec Cécile Danré et AFP