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Marseille: un généraliste soupçonné d’actes fictifs et de surfacturations

Dans le cabinet d’un médecin généraliste (image d'illustration).

Dans le cabinet d’un médecin généraliste (image d'illustration). - Philippe Huguen - AFP

Le médecin, qui comparaissait mercredi en correctionnelle pour escroquerie, aurait facturé sept fois plus d’actes par patient que la moyenne dans les Bouches-du-Rhône et empoché près de 530.000 euros d’honoraires par an.

Soupçonné d’actes fictifs, de cumuls de facturations et de surfacturations, un médecin généraliste exerçant à Pont-de-Vivaux, dans le 10e arrondissement de Marseille, a comparu mercredi en correctionnelle pour escroquerie, rapporte La Provence.

La Sécurité sociale, qui a épluché ses comptes, estime qu’il facturait plus de 527.000 euros d’honoraires par an, explique le quotidien local, soit cinq fois plus que les généralistes du département! "C'est la première fois" que je croise "un médecin généraliste qui a le chiffre d'affaires d'un chirurgien de belle notoriété", a dit au procès Maître Michel Fructus, l'avocat de la Caisse d'assurance maladie. 

7 fois plus d'actes facturés que les autres médecins

Le praticien aurait multiplié les actes entre 2009 et 2011. Il en aurait facturé sept fois plus par patient que la moyenne dans les Bouches-du-Rhône. L’un d’entre eux aurait, par exemple, bénéficié de 47 actes d'évaluation de sa dépression en 26 mois, un autre aurait consulté 22 fois pour des céphaléess en cinq mois... D’après l’Assurance maladie, 57% des patients auraient bénéficié d'un acte d'urgence. Ce médecin aurait aussi facturé un grand nombre d’actes de chirurgie, des nettoyages de plaies notamment, sans rédiger les nécessaires comptes rendus.

Le préjudice pour la collectivité se chiffrerait à plus de 410.000 euros. "Ma clientèle a augmenté de façon vertigineuse. Le bouche à oreille a marché très fort. Je me retrouve à avoir des journées de 16 heures", s’est défendu le médecin à la barre. Le généraliste revendiquerait plus de 4.000 patients quand, de son côté, la Sécurité sociale en dénombre quelque 700.

Pour le procureure de la République, Sarah Rouy, "l'intention frauduleuse ne fait aucun doute". La magistrate a requis 18 mois de prison avec sursis contre le médecin, et 3 ans d'interdiction d'exercer. Le jugement est attendu le 25 janvier. Pour sa part, indique La Provence, l’Ordre des médecins l’a déjà sanctionné.

Violette Robinet