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Marseille: procès emblématique contre des braconniers sous-marins 

Patrouille de la police de l'environnement dans le parc national des calanques, en février 2018

Patrouille de la police de l'environnement dans le parc national des calanques, en février 2018 - ANNE-CHRISTINE POUJOULAT, AFP/Archives

Ils sont quatre braconniers à comparaître mercredi à Marseille, pour avoir pillé les eaux protégées du Parc national des Calanques de Marseille.

Quatre braconniers qui pillaient mérous, oursins et coquillages dans les eaux protégées du Parc national des Calanques ont commencé à comparaître mercredi à Marseille.

Les quatre prévenus, âgés de 27 à 40 ans, écoulaient leur marchandise illicite à des particuliers mais également à des restaurateurs, écailles et poissonniers ayant pignon sur rue à Marseille. Le gain total pour les quatre prévenus est estimé à quelque 160.000 euros.

Principal prévenu, Stéphane Avedissian, soupçonné d'avoir pris part au braconnage et d'avoir organisé une partie de la revente de la pêche, aurait gagné quelque 58.000 euros par ces activités, a relevé la présidente Christine Mée, devant le tribunal de grande instance de Marseille.

Un procès emblématique qui doit servir d'exemple

Ce dossier doit servir d'exemple selon les autorités et les associations de lutte contre les atteintes à l'environnement. L'enquête sur cette bande de braconniers de Méditerranée, qui a globalement reconnu les faits durant l'enquête, a débuté par une dénonciation anonyme en 2015.

Écoutes, surveillances physique lors des ventes aux professionnels, épluchage des comptes bancaires familiaux. Les enquêteurs ont employé les grands moyens pour un dossier présenté comme exemplaire.

"Il s'agit de la première affaire de cette importance à être jugée en France", a relevé le Parc national dans un communiqué. "Les zones de non pêche constituent une "banque" de biodiversité que les prévenus ont pillé, au détriment de l'effort consenti par tous".

Le parc a calculé avoir essuyé un "préjudice écologique" de 450.000 euros, dont il compte demander réparation. Le comité régional des pêches et les associations France nature environnement et Sea Shepherd se sont aussi portées partie civile.

Sept restaurateurs s'étaient fournis auprès de ce réseau

Mérou, corb, œil de Sainte Lucie, ces espèces protégées voire gravement menacées étaient pêchées par dizaines de kilos, souvent la nuit, dans ce havre de biodiversité qu'est censé être le parc national des Calanques.

Sept poissonniers et restaurateurs qui s'étaient fournis auprès de ce réseau, et un cinquième braconnier, ont pu échapper à un procès public en optant pour une composition pénale avec le procureur, avec plusieurs centaines d'euros d'amende à la clé et l'obligation de participer à un stage de sensibilisation à la protection de l'environnement.

N.Ga., avec AFP