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Marseille: le préfet ne croit pas aux "cartes de fidélité" des dealers

Des policiers lors d'un contrôle dans l'une des cités de Marseille, en 2013.

Des policiers lors d'un contrôle dans l'une des cités de Marseille, en 2013. - Boris Horvat - AFP

Des dealers des quartiers nord de Marseille proposeraient à certains clients des cartes de fidélité, en tout point semblables à celles de commerces ordinaires, révèle La Provence. Les habitants n'apprécient guère ce manège.

MISE A JOUR 14h15: Le préfet de police de Marseille, Laurent Nunez, juge "très improbable" l'existence de ces cartes. "On n'a jamais trouvé cela en perquisition, ou dans le cadre des interpellations auxquelles il a été procédé, ce qui rend très improbable la crédibilité de l'histoire", indique-t-il.

A Marseille, dans les quartiers nord, le deal de cannabis se professionnalise. Un consommateur de 31 ans raconte jeudi à La Provence sa stupéfaction lorsqu'il s'est rendu récemment pour la première fois à la cité Val-Plan, dans le 13e arrondissement de la cité phocéenne. "On m'avait déjà offert des cigarettes, des briquets ou des feuilles à rouler, mais là, il s'agissait d'une carte de fidélité. D'un côté, il y avait une sorte de grille tarifaire, avec les offres promotionnelles, de l'autre des cases vides prévues pour valider mes prochains achats."

"J'ai eu l'impression d'être à la pizzeria du coin...", poursuit-il.

La carte de fidélité en question, examinée par le quotidien régional, est en tout point semblable à celles des commerces ordinaires: lieu et horaires de vente - de 11 heures à minuit -, packs d'achat avec cadeau à la clé, et même formule - maladroite - de politesse à l'égard des "clients":

"Nous attendons de vous accueillir avec plaisir au centre du quartier, merci de votre fidélité."

Les habitants poussés à bout

Interrogé par La Provence, un membre de ce réseau de stupéfiants se vante du "buzz" généré par ces cartes de fidélité, délivrés à certains clients seulement. "Ca amène de la clientèle, et ça fait parler de nous". Mais du côté des habitants du quartier, ce "coup" marketing ne prête même pas à sourire. "Ils n'ont qu'à faire payer par carte bleue tant qu'ils y sont, ou ouvrir un site d'achat en ligne. Ca prouve bien qu'ici, tout est permis", regrette, amère, une mère de famille dans les colonnes du journal.

Cette pratique en rappelle une autre, déjà éprouvée dans un autre arrondissement de Marseille: en 2014, des CRS avaient saisi des milliers de briquets et de feuilles à rouler "offerts aux bons clients" par les dealers. La lutte contre les trafics de stupéfiants continue d'ailleurs activement dans la ville: lundi dernier, près de 300 policiers ont été mobilisés pour procéder à l'interpellation de plus d'une vingtaine de personnes, soupçonnées d'être impliqué dans un vaste réseau très structuré.

A. G.