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Marseille : la vente d’alcool interdite la nuit dans les épiceries

A Marseille, Jean-Claude Gaudin, le maire UMP de la ville vient d'instaurer un arrêté interdisant la vente d'alcool dans les épiceries entre 20h et 6h du matin.

A Marseille, Jean-Claude Gaudin, le maire UMP de la ville vient d'instaurer un arrêté interdisant la vente d'alcool dans les épiceries entre 20h et 6h du matin. - -

La vente d’alcool est désormais prohibée dans les magasins d’alimentation générale entre 20h et 6h du matin à Marseille. La décision du maire UMP Jean-Claude Gaudin s’applique à 9 secteurs de la ville où des nuisances ont été constatées. « C'est la catastrophe », assurent les épiciers.

Si vous recevez des amis à dîner, n’oubliez pas le vin. A Marseille, vous ne pourrez bientôt plus courir à l’épicerie du coin pour acheter à la va-vite une bouteille pour vos convives. Désormais, la vente d’alcool dans la cité phocéenne est prohibée entre 20h et 6h du matin dans les magasins d’alimentation générale. C’est le maire UMP de la ville Jean-Claude Guaudin qui a pris cette décision en instaurant plusieurs arrêtés interdisant la vente de boissons alcoolisées. « Pour moi l’alcool, c’est 70% des recettes. Si on arrête l’alcool, je ferme le magasin », regrette Mohamed qui tient une épicerie dans le quartier de la Belle-de-Mai, concerné par cet arrêté.

9 secteurs sensibles concernés

Neuf secteurs de la ville sont concernés, au centre, au nord et à l’est de Marseille où la police a constaté des troubles à l’ordre public et où des plaintes de riverains ont été déposées à la suite de nuisances causées par les rassemblements devant ces épiceries. Bernard, retraité, vit à proximité d’une de ces épiceries de nuit et il avoue être soulagé par cette décision du maire de Marseille : « Les habitants de l’immeuble en ont assez. Ce sont des réunions, des discussions. De temps en temps ce sont même des bagarres ». Plusieurs drames ont en effet eu lieu dans la ville dans ces secteurs. Le 9 mai dernier, un homme a trouvé la mort dans une altercation à proximité d’un de ces établissements dans le quartier de Noailles et un jeune de 19 ans a été tué par un policier hors service devant une autre épicerie du 3e arrondissement le 13 février dernier.

« Je n’appliquerai pas la mesure. J’ai une famille à nourrir »

Ahmed tient une épicerie de nuit dans le quartier de Saint-Mauront, dans le 3e arrondissement de la ville, l’un des secteurs visés par ces interdictions. Il appréhende beaucoup cette interdiction. « C’est la catastrophe. La vente d’alcool représente 80% de mon chiffre d’affaires. Si on nous interdit la vente d’alcool, dans 2 ou 3 mois on baisse le rideau. On sort des quartiers, on est parti de là-bas pour travailler. Et maintenant on nous retire ça ? On fait quoi après ? Moi, je n’appliquerai pas la mesure. J’ai une famille à nourrir et un loyer à payer. Cette amende sera pour moi une sorte de taxe. Je reconnais bien sûr qu’il y a des nuisances causées par la clientèle mais je fais en sorte de prévenir les clients. Je leur demande de baisser la musique et j’ai même une affiche dehors où il est indiqué "respectez le voisinage". Et c’est écrit en gros. Je ne peux pas faire plus ».

De l'amende à la fermeture administrative |||

Pour ceux qui ne respecteraient pas l’arrêté municipal, la sanction prévue est une amende de 38 euros. En cas de récidive, le contrevenant pourra faire l’objet de sanctions pouvant aller jusqu’à la fermeture administrative.

Tugdual de Dieuleveult avec L. Dian