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Marseille: huit ans de prison pour le chef d'un "plan stup", douze ans pour son fournisseur

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- - BERTRAND LANGLOIS / AFP

Le tribunal correctionnel de Marseille a condamné à 8 ans de prison ferme mercredi le chef d'un réseau de vente de cannabis, et à douze ans de prison ferme son fournisseur.

Rachid Ziani, 55 ans, à la fois employé en mi-temps thérapeutique d'une société d'assainissement des eaux à Marseille et tenancier d'un bar à hôtesses à LLoret del Mar (Espagne), a été condamné à douze ans de prison et 150.000 euros d'amende pour avoir approvisionné en cannabis produit en Espagne le "plan stup" du Petit Séminaire, une cité du 13e arrondissement, dans les quartiers nord de Marseille.

Jean-Joseph Agosta, 30 ans, présenté comme le chef de ce réseau, ce qu'il a contesté, a lui été condamné à 8 ans de prison ferme et 80.000 euros d'amende. Ses deux lieutenants, Ludovic Bione et Mohamed Badi, ont été respectivement condamnés à huit et sept ans de prison ferme, ainsi qu'une amende de 70.000 euros chacun.

A l'audience, le 28 juin, Rachid Ziani avait reconnu avoir assuré une dizaine de livraisons aux responsables du réseau, le dernier "go fast" entre l'Espagne et la cité phocéenne portant sur plus de 25 kilos.

Un réseau qui lie jeunes et anciens délinquants

Selon les feuilles de comptabilité saisies par les enquêteurs, ce "plan" du Petit séminaire, un des hauts-lieux du trafic de drogue à Marseille, avait un chiffre d'affaires mensuel évalué à près de 480.000 euros.

Dans son réquisitoire, la procureure Audrey Jouaneton, avait évoqué "une alliance intergénérationnelle opérée autour du profit", invitant le tribunal à ne "pas sous-estimer une jeune génération qui n'en est plus aux balbutiements, ne rougit pas devant les anciens et a adopté des codes plus impressionnants et plus violents mais a aussi intégré ceux de la négociation et du commerce".

"L'élément saillant de cette affaire, c'est l'alliance entre jeunes narcotrafiquants de cité rompus aux nouvelles technologies, élevés sur un asphalte des quartiers Nord de Marseille parfois ensanglanté, et un banditisme plus vintage composé de voyous chevronnés, trafiquants internationaux, proxénètes, anciens braqueurs ayant côtoyé des stars du banditisme", avait également insisté la procureure.
L.D., avec AFP