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Marseille : deux dentistes accusés de mutilations et de fraudes

Quatre personnes, dont deux dentistes des quartiers nord de Marseille, ont été placées en garde à vue dans le cadre d'une affaire de fraude présumée à la Sécurité sociale et de santé publique. /Photo d'archives/ REUTERS/Jim Young

Quatre personnes, dont deux dentistes des quartiers nord de Marseille, ont été placées en garde à vue dans le cadre d'une affaire de fraude présumée à la Sécurité sociale et de santé publique. /Photo d'archives/ REUTERS/Jim Young - -

Quatre personnes, dont deux dentistes des quartiers nord de Marseille, ont été déférés devant un juge dans le cadre d'une affaire de fraude présumée à la Sécurité sociale. Ils ont multiplié les actes frauduleux sur des patients aux dents saines.

Fraudes, actes inutiles, mutilations… Ce sont deux dentistes ripoux qui ont été placés en garde à vue et déférés devant un juge à Marseille, dans le cadre d'une affaire de fraude présumée à la Sécurité sociale et de santé publique, a-t-on appris jeudi de source judiciaire. Deux autres personnes, complices présumés, ont également été placées en garde à vue dans cette affaire.
Les deux chirurgiens-dentistes, un père et son fils, auraient multiplié artificiellement les actes médicaux, facturant par exemple près de 30 fois le prix moyen d'une couronne, au détriment de la Sécurité sociale et des mutuelles. « C'était de l'abattage », explique un enquêteur cité par le quotidien La Provence, qui a révélé l'affaire.
Selon le procureur de la République, Jacques Dallest, a annoncé avoir requis un mandat de dépôt à l'encontre des deux hommes. « On a manifestement affaire à de gros fraudeurs. Pour tromper les organismes sociaux, on falsifie les radios, on triche sur les cotations. Le cabinet facturait ainsi 28 fois plus de poses de couronnes que la moyenne départementale», a affirmé le magistrat. La Caisse primaire d'assurances maladie (CPAM) a chiffré entre 3,6 et 4,7 millions d'euros les versements indus aux deux dentistes sur la période comprise entre 2008 et 2012.
Agé d'une soixantaine d'années, le père travaillait à mi-temps. Son fils, âgé de 32 ans, exerçait depuis sept ans au sein du cabinet de Saint-Antoine, dans les quartiers nord de la ville, pour un chiffre d'affaires estimé à 1,2 million d'euros par an.

Des actes sur des dents saines

Les praticiens auraient également pratiqué des actes sur des dents saines, le plus souvent sur des bénéficiaires de la couverture maladie universelle, qui ont droit à une dispense d'avance des frais. « Ils recevaient environ 70 patients par jour à raison de dix à quinze minutes pour placer des couronnes, des bridges et des prothèses, même sur des dents saines, en abusant de la crédulité des patients », a dit Jacques Dallest. Les praticiens, contestent les faits et estiment avoir « respecté l'art dentaire ».
Une information judiciaire a été ouverte par le parquet de Marseille pour « violences aggravées, escroquerie, faux et usage de faux, fraude fiscale et abus de biens sociaux ».
Les deux dentistes et leurs complices présumés devaient être présentés jeudi devant la juge Annaïck Le Goff, qui instruit déjà le dossier des prothèses mammaires défectueuses de la société Poly Implant Prothèse (PIP) et de son dirigeant fondateur Jean-Claude Mas.

P.G avec Reuters