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Marignane : interpellation de deux terroristes présumés qui voulaient « passer à l’action »

L'un des deux interpellés était surveillé sur Internet par la DCRI

L'un des deux interpellés était surveillé sur Internet par la DCRI - -

Deux jeunes gens interpellés jeudi matin à Marignane (Bouches-du-Rhône), dans le cadre d'une enquête à caractère terroriste, « voulaient passer à l'action, se procurer et fabriquer des explosifs », a annoncé une source policière.

Deux personnes interpellées jeudi matin à Marignane dans le cadre d’une enquête à caractère terroriste avaient l’intention de « passer à l'action » et de « confectionner des explosifs de type TAPP » selon une source policière. Ils avaient également envoyé un « courriel de menace » visant le président américain Barack Obama, a précisé la même source. On ignorait, à ce stade des investigations, le profil de ces interpellés âgés de 21 et 19 ans, qui ont été placés en garde à vue.

Des vidéos jihadistes sur Facebook

La Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) et les policiers du Raid, l’unité d'élite de la police, ont procédé à l'interpellation d'un jeune homme et d'un proche dans un pavillon situé dans un petit lotissement en périphérie de Marignane, à une vingtaine de kilomètres de Marseille. Le premier suspect, susceptible d'être en possession d'explosifs et tenant des propos « à caractère islamiste radical », avait été détecté lors de surveillances en novembre, sur internet notamment, par la DCRI, selon le ministère de l’Intérieur. Les deux hommes voulaient aussi se procurer des armes et, sur leur profil Facebook, « se sont mis en scène en jihadistes » et « ont posté une vingtaine de vidéos jihadistes ». Ils ont également manifesté leur intention de fabriquer des explosifs et d'acheter, pour ce faire, « les produits afférents ». Selon la place Beauvau, les deux jeunes gens étaient « soupçonnés de préparer des actes de terrorisme, d'être en possession d'armes et de fabriquer des explosifs ».

Les deux suspects agiraient seuls

Une source judiciaire a précisé que les interpellations avaient eu lieu dans le cadre d'une enquête préliminaire ouverte fin février pour « association de malfaiteurs en vue de la préparation d'actes terroristes ». Les perquisitions, toujours en cours jeudi matin, « se sont révélées fructueuses », et, « en l'état des investigations », ont confirmé les « projets » des deux suspects, « agissant a priori seuls » et « sans doute un peu illuminés » mais « potentiellement dangereux » ce qui a amené les policiers de la DCRI à « intervenir rapidement ».

Présence d'un drapeau salafiste sur le toit du pavillon

Le frère aîné d'un des deux jeunes gens interpellés jeudi matin par la police antiterroriste à Marignane (Bouches-du-Rhône) a défendu son frère, affirmant « ce n'est pas un terroriste » et qu'il « se contentait de regarder des vidéos sur internet depuis un an », sans donner de précisions sur le contenu de ces vidéos, ajoutant que son cadet agissait ainsi dans le but de se faire remarquer. Interrogé près du domicile de son frère, où celui-ci a été interpellé, il a expliqué être venu après avoir reconnu la maison sur des images télévisées. Ne souhaitant pas livrer son nom, il a aussi ajouté que son père, qui vit aussi dans cette maison, « n'a rien à voir là-dedans ». D'après plusieurs voisins, le jeune homme interpellé vivait seul avec son père. L'opération de police, débutée à l'aube, s'est terminée peu avant 15h.
Le maire de Marignane a affirmé jeudi que la police municipale avait signalé il y a dix jours la présence d' « un drapeau salafiste » sur le toit de cette maison et que l'information avait été transmise « aux services spécialisés de l'Etat ». L'édile, Eric le Dissès, n'avait eu connaissance jusqu'ici d'aucun autre incident de ce type concernant ces personnes, connues de la justice mais pour d'autres catégories de faits, a-t-il précisé.

« Plusieurs dizaines de Mohamed Merah potentiels »

Le ministre de l'Intérieur Manuel Valls « tient à saluer l'action des services de police et de renseignement, qui ont, ces derniers mois, permis de mettre hors d'état de nuire des filières et individus particulièrement dangereux, et ce, alors même que la menace terroriste reste élevée sur l'ensemble du territoire ». Le ministre a déclaré à plusieurs reprises ces derniers temps qu' « il y a en France aujourd'hui plusieurs dizaines de Mohamed Merah potentiels » en référence au tueur à scooter de Toulouse tué par le Raid il y un an. « Tous ne passent pas à l'acte mais il faut se prémunir » a ajouté Manuel Valls avant d’ajouter : « Nous faisons face en France à un ennemi intérieur qui est le fruit d'un processus de radicalisation ».

Claire Béziau, avec AFP