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Mariés par un étranger, 30 couples doivent faire revalider leur mariage

Le couple a sollicité l'intervention de l'Elysée, qui s'est borné à le renvoyer vers le Code civil (photo d'illustration).

Le couple a sollicité l'intervention de l'Elysée, qui s'est borné à le renvoyer vers le Code civil (photo d'illustration). - -

Parce qu'ils ont été célébrés par un conseiller municipal étranger, une trentaine de mariages célébrés à Aulnay-sous-Bois sont frappés de nullité relative.

Certains se redisent "oui" volontairement, après leur mariage. Mais c'est une tout autre mésaventure qui frappe une trentaine de couples d'Aulnay-sous-Bois en Seine-Saint-Denis. Ils vont devoir faire valider à nouveau leur mariage, célébré en 2012 ou 2013 par un conseiller municipal. Le nouveau maire vient de s'apercevoir que ce dernier n'était pas français.

Le maire UMP, Bruno Beschizza, a expliqué avoir recensé 30 mariages "célébrés par un conseiller municipal de nationalité étrangère", à savoir l'élu PRG de nationalité portugaise Mario de Oliveira, entre le 1er décembre 2012 et le 11 juillet 2013, confirmant une information du Parisien.

Le maire a alors écrit au parquet de Bobigny, qui a constaté que ces mariages étaient "de fait nuls", mais "a proposé à la mairie de saisir la justice civile", a précisé une source judiciaire. Celle-ci "pourra valider les 30 mariages" a posteriori.

Pour célébrer un mariage, l'élu doit être de nationalité française

En l'état actuel, les mariages célébrés sont frappés de "nullité relative", ce qui laisse planer une menace juridique en cas de succession par exemple, a précisé cette source. Le ministère public, qui peut en principe demander la nullité, ne prévoit pas de le faire dans ce cas précis, a-t-elle toutefois poursuivi.

Depuis le traité de Maastricht de 1992, les ressortissants des pays de l'Union européenne peuvent voter aux municipales et être élus dans les conseils municipaux. Mais la loi française précise que les étrangers ne peuvent pas être élus maire ou adjoint, "ni en exercer même temporairement les fonctions".

Le ministère de l'Intérieur avait précisé en 2011, après une question d'un député, que ces dispositions interdisaient aux étrangers de célébrer les mariages et de faire d'autres actes d'état-civil, et qu'il faudrait changer la Constitution pour que cela devienne possible.

D. N. avec AFP