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Mali: que vont devenir les deux jihadistes français?

Soldats français le 21 février dans la ville de Gao, au Nord-Est du Mali

Soldats français le 21 février dans la ville de Gao, au Nord-Est du Mali - -

Cette semaine, deux Français présumés jihadistes ont été expulsés du Mali vers la France. L'un des deux a même été fait "prisonnier de guerre". Deux cas identiques sur le papier mais pas dans les faits.

Le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, en visite surprise au Mali, a confirmé vendredi depuis Bamako qu’un Français avait été fait prisonnier, et qu’il serait "extradé dans les moments qui viennent". Ce qui porte à deux, le nombre de jihadistes français présumés interceptés au Mali. Deux cas, deux situations différentes. Que vont devenir ces prisonniers? Zoom sur leur statut judiciaire.

> Qui sont-ils?

Le premier, Ibrahim Aziz Ouattara avait été arrêté dans le centre du Mali en novembre par les autorités maliennes qui le soupçonnaient de vouloir rallier les groupes jihadistes dans le nord. Cet homme de 25 ans originaire d'Aubervilliers a été détenu au Mali jusqu'à son expulsion vers la France, où il est arrivé mardi matin. Placé en garde à vue dans les locaux de la Direction centrale du renseignement intérieur, il a été déféré vendredi au parquet de Paris.

Le second "jihadiste" est un homme franco-algérien originaire de la région Rhône-Alpes. Il a également été interpellé au Mali puis extradé vendredi vers Paris. Pas d'autres informations n'ont été communiquées pour le moment.

> Quels statuts pour ces prisonniers?

Le ministre de la Défense a tenu à discerner les profils de ces deux Français arrêtés. Concernant Ibrahim Aziz Ouattara: "C'est une personne qui était recherchée par nos services de police, et qui a été retrouvée par la police malienne, c’est le résultat d’une bonne collaboration entre les deux gouvernements", a expliqué Jean-Yves Le Drian vendredi matin sur Europe1.

Tandis que le second a été fait prisonnier de guerre par la France: "Nous avons fait un prisonnier français qui va être extradé vers la France dans les moments qui viennent", a également précisé le ministre.

Erreur de communication ou conclusion hâtive, quoiqu'il en soit pour qu'un combattant soit fait prisonnier de guerre, il faut qu'un Etat déclare la guerre à un autre Etat.

"Or, la France n’a pas déclaré la guerre à un autre pays", rappelle à BFMTV.com, Francis Chouraqui, avocat au Barreau de Paris.

"Son intervention a été réclamée par le Mali et justifiée à l'aide de l'article 51 de la charte de l'ONU", précise-t-il, "le terme de prisonnier de guerre est donc inapproprié", conclut-il.

Ainsi ces combattants capturés ne relèveraient pas de la Convention de Genève.

> Comment vont-ils être jugés?

Aucune précision n'a été donnée sur l'habillage juridique du rapatriement du second prisonnier en France. L'extradition est une procédure judiciaire généralement longue, qui implique théoriquement l'examen d'une requête officielle par un tribunal compétent.

En attendant, Jean-Yves Le Drian a assuré que ces deux personnes "seront traitées par notre droit, notre législation".

Pour Ibrahim Aziz Ouattara, les choses sont "simples". Il devait dans la journée de vendredi être présenté à un juge d'instruction, qui pourrait le mettre en examen pour "association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste".

En revanche, le sort du second jihadiste intercepté au Mali est beaucoup plus incertain. Joints par BFMTV.com, le Quai d'Orsay et le ministère de la Défense n'ont pas souhaité faire de commentaires à ce sujet.