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Lyon : trois morts dans l'incendie d'un squatt de Roms

L'usine était occupée par des familles Roms.

L'usine était occupée par des familles Roms. - -

Trois personnes sont mortes dans l'incendie d'une ancienne usine à Lyon, occupée par des familles Roms. Aucune piste n'est privilégiée pour le moment a indiqué la préfecture alors que Manuel Valls, le ministre de l'Intérieur dont le déplacement a Lyon était prévu, s'est rendu sur le lieu du drame.

Ce lundi matin, trois personnes, deux femmes et un enfant, sont décédées dans l'incendie d'une usine désaffectée qui était squattée par environ 200 Roms à Lyon.
L'incendie « violent », qui a démarré peu après minuit dans la nuit de dimanche à lundi, a « totalement embrasé » ce bâtiment situé rue Audibert et Lavirotte dans le 8e arrondissement de Lyon, selon le lieutenant-colonel des pompiers du Rhône Jean-Philippe Gueugneau en charge des opérations de secours. Lors d'un point presse organisé sur place, il a précisé que « très vite les 2 niveaux supérieurs de ce bâtiment blanc se sont embrasés et l'escalier s'est effondré ». Le toit a également brûlé. Des équipes cynophiles fouillent les décombres du bâtiment, qui menace de s'écrouler, pour pour voir s'il n'y a pas d'autres victimes, selon le lieutenant colonel Gueugneau qui a précisé que « les trois corps des victimes sont toujours à l'intérieur ».

300 personnes dans le bâtiment

Selon Gilberte Renard, militante de la Ligue des Droits de l’Homme (LDH), les enfants en bas âge et des femmes enceintes occupaient ce bâtiment, des anciens bureaux d'une usine de fabrication de petits moteurs électroniques. « Ils dormaient souvent dans le grenier », explique-t-elle.
Les rescapés ont été évacués et regroupés dans un gymnase d'une école située avenue des frères Lumières, dans le même arrondissement. Les secours attendaient des renforts, dont des équipes cynophiles, pour fouiller le bâtiment qui menace de s'écrouler. L'escalier de l'immeuble, lui, s'est déjà effondré, rendant les recherches plus difficiles.

Aucune piste privilégiée

Aucune piste n'était privilégiée lundi quant aux causes de l'incendie, a annoncé la préfecture. « Au moment où les pompiers sont arrivés vers 1 heure du matin, l'ensemble du bâtiment était embrasé par un feu très violent. A cette heure, nous ne disposons d'aucun élément sur l'origine du sinistre, qui a fait trois victimes dénombrées à cette heure », a précisé la préfecture dans un communiqué. L'enquête a été confiée à la police judiciaire de Lyon.
De son côté, le ministre de l'Intérieur Manuel Valls dont la visite à Lyon était prévue, s'est rendu sur le lieu du drame. Après avoir exprimé son « sentiment de profonde tristesse », le ministre de l'Intérieur a ajouté qu' « en même temps ces squats, comme les campements de fortune, doivent être évacués chaque fois quand ils présentent, ici comme ailleurs, de vrais dangers ». « Les campements de fortune ou les squats représentent un vrai danger pour ceux qui les occupent », a-t-il insisté. « Il faut poursuivre ce travail de démantèlement et l'évacuation des campements ou des squats en trouvant à chaque fois des solutions qui soient dignes des personnes humaines et qui soient fermes en appliquant les lois de la République », a-t-il ajouté. Christiane Taubira, Garde des Sceaux, qui accompagnait le ministre de l'Intérieur, a renchéri en demandant « une solution à la fois digne et efficace ».

Mathias Chaillot avec AFP