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"Leur fierté, c’est de nous voir cramer", témoigne un CRS

Six policiers ont été blessés lundi lors de la manifestation parisienne du 1er-mai par des jets de cocktails Molotov et des tirs de mortier. Les forces de l'ordre, ciblées par des groupuscules d'extrême-gauche, réclament un meilleur usage du matériel à leur disposition.

Il fait partie des six policiers blessés lundi lors de la manifestation pour le 1er mai à Paris. Stéphane a été plus chanceux que ses collègues hospitalisés au service des grands brûlés de l'hôpital Percy, à Clamart, dans les Hauts-de-Seine. Le CRS de la compagnie 51 a été blessé superficiellement aux jambes. "C’est beaucoup moins grave que mes autres collègues", insiste-t-il.

Stéphane était au coeur des violences qui ont éclaté boulevard Beaumarchais, à Paris, après que des individus, vêtus de noir et encagoulés, s'en sont pris aux forces de l'ordre. "Notre mission a été de séparer les groupuscules d’extrême-gauche, qui sont réputés violents, par rapport aux autres manifestants, décrit-il. C’est alors que ces manifestants ultra-violents se sont retournés sur nous. C’est parti assez violemment avec des tirs de fusées de détresse, des feux d’artifice type mortier, des bouteilles de verre. De là, on est vite passé au cocktail Molotov."

"Il a carrément brûlé"

Un premier collègue de sa compagnie a alors été touché. "On l’a mis au sol, on lui a tout de suite mis une couverture anti-feu pour éteindre les flammes qu’il avait au niveau des jambes", détaille Stéphane. Puis un deuxième CRS est blessé par un tir de mortier.

"On a continué à progresser en direction de Bastille. C’est là que le collègue a reçu le cocktail Molotov que l’on voit sur toutes les images. Il a carrément brûlé. Ses collègues sont intervenus immédiatement. Ils l’ont mis au sol pour lui mettre la couverture anti-feu. Le gros souci, c’est que les flammes sont passées en dessous de sa visière."

Stéphane a lui reçu "une pluie de cocktail Molotov", dont l'un a explosé à côté de lui. "J'ai été brûlé superficiellement au mollet gauche", raconte le CRS. Une situation qui se répète à chaque manifestation, déplore-t-il. Et de témoigner: "La violence monte crescendo. Ca devient une habitude d’avoir des groupes ultra-violents. Leur habitude, c’est de se faire du flic. Ils viennent, pas pour manifester, ils viennent pour se faire du flic. Il faut rappeler que le cocktail Molotov est considéré comme une arme de guerre." 

"Si on l’utilise, c’est pour tuer quelqu’un."

"Comme s’ils avaient marqué un but à la Coupe du monde"

Pour appuyer ses propos, le policier raconte que les individus à l'origine de ces violences "applaudissent comme s’ils avaient marqué un but à la Coupe du monde". "Leur fierté, c’est de nous voir cramer", martèle-t-il, avant de poursuivre sur la polémique suscitée après la publication d'un tweet par la CGT Publicis parlant de "poulet grillé".

Si Philippe Martinez, le secrétaire général de la CGT, a condamné ce message, Stéphane, également délégué Unité SGP Police, ne décolère pas. "On entend très souvent des syndicats se féliciter de ce genre de chose (...). Il faudrait que le gouvernement fasse en sorte que ça ne se reproduise pas."

Pour Stéphane, le bilan des blessés parmi les forces de l'ordre à chaque manifestation n'a rien d'un hasard. A cette haine anti-flic de la part de certains groupuscules s'ajoute, selon lui, un manque de consignes de la part de la hiérarchie. "L’administration a commencé à faire un pas en nous dotant de nouvelles armes mais il faut qu’elle continue, explique-t-il. Mais surtout quand on a du matériel à disposition, comme des lanceurs à eau, qu’elle n’hésite pas à les utiliser."

Justine Chevalier avec Antoine Corver