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Les syndicats de police fustigent l'abandon de la "méthode de l'étranglement"

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Christophe Castaner a annoncé lundi l'abandon de cette technique d'interpellation controversée, estimant qu'il s'agissait d'une méthode qui "comportait des dangers".

La technique d'interpellation policière de "la prise par le cou, dite de l'étranglement", méthode controversée, est dorénavant abandonnée, a annoncé le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner lundi au cours d'une conférence de presse. "Elle ne sera plus enseignée dans les écoles de police et de gendarmerie. C'est une méthode qui comportait des dangers", a-t-il détaillé.

Mais cette annonce, qui fait suite à une vague mondiale de manifestations contre les violences policières et le racisme au sein des forces de l'ordre, survenue après la mort le 25 mai de George Floyd, un Américain noir asphyxié par un policier blanc à Minneapolis, ne fait pas l'unanimité parmi les forces de l'ordre, voire est franchement contestée par certains.

"Que le ministre demande à tout le monde de se laisser faire"

"Quand est-ce qu'on s'en sert? C'est quand les gens ne se laissent pas faire, alors ce qui serait magnifique c'est que le ministre demande à tout le monde de se laisser faire, ça nous éviterait en effet le plaquage ventral, ça nous éviterait le menottage et ça nous éviterait l'étranglement (...). C'est extrêmement compliqué sans opérer de moyen de contrainte physique", a réagi avec virulence Grégory Joron, secrétaire général adjoint du syndicat SGP Police-FO lundi sur notre antenne.

Yves Lefebvre, secrétaire général d'Unité SGP Police - Force ouvrière, dit lui avoir "l'impression qu'on se sert (des policiers, NDLR) comme une variable face à l'opinion publique".

Des "mesures intéressantes"

Dans le même sens, pour le délégué général d'Alliance, Frédéric Lagache, l'étranglement est "la seule technique qui permette de maîtriser un individu dont le poids est supérieur", a-t-il réagi auprès de l'AFP, allant jusqu'à dire qu'il craignait d'en être "réduit au combat de rue ou à l'utilisation du taser".

"Il y a les annonces politiques et la réalité du terrain. On dirait que l'on vit dans un monde de bisounours où tout le monde est gentil sauf les policiers qui sont méchants", a ironisé Philippe Capon, secrétaire général de l'Unsa-Police, également cité par l'AFP.

À rebours de ses homologues syndicalistes policiers, David Le Bars, secrétaire général du syndicat des commissaires de la Police nationale, a jugé sur notre antenne qu'il y avait "beaucoup de mesures intéressantes" dans l'allocution de Christophe Castaner, "y compris dans l'arrêt de l'étranglement pour interpeller", a-t-il ajouté, "à condition qu'on fasse des séquences de formation aux policiers pour leur apprendre à faire autrement" pour procéder à l'arrestation de quelqu'un qui "ne veut pas se laisser interpeller".

Clarisse Martin