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"Les populations n'ont en aucun cas été abandonnées": à Dijon, le préfet se défend de tout laxisme

De nouvelles tensions ont éclaté à Dijon (Côte-d'Or), le 15 juin 2020.

De nouvelles tensions ont éclaté à Dijon (Côte-d'Or), le 15 juin 2020. - BFMTV

Le maire de la ville, François Rebsamen, avait dénoncé le manque de moyens policiers.

Bernard Schmeltz assure que la population n'a pas été "abandonnée". Le préfet de Bourgogne-Franche-Comtéa défendu sa stratégie de non-intervention, après des interrogations sur la passivité des forces de l'ordre lors des trois expéditions punitives menées vendredi, samedi et dimanche soir par des Tchétchènes voulant venger l'agression d'un des leurs.

"Encadrer et encercler pour éviter les exactions: c'était la seule stratégie praticable", a déclaré ce lundi soir le préfet, tandis que Dijon connaissait des tensions pour la quatrième nuit consécutive. "Les infractions seront sanctionnées à partir d'enquêtes", a-t-il martelé.

De nouvelles tensions ce lundi

Selon la police, un premier raid aurait été lancé vendredi soir dans le centre-ville à la suite de l'agression, le 10 juin, d'un jeune homme de 16 ans issu de cette communauté. Lundi, de nouveaux incidents ont éclaté dans le quartier des Grésilles, mais sans implication de Tchétchènes, selon les premières constations. 

Des véhicules et poubelles ont été brûlés, une équipe de France 3 Bourgogne agressée (elle a porté plainte) ainsi qu'un autre conducteur, selon la préfecture. Mais ces troubles étaient le fait de personnes de Dijon et non de Tchétchènes comme les autres soirs, a-t-on précisé de même source. Quatre personnes ont été interpellées, selon la préfecture.

Le maire dénonçait un manque de moyens policiers

Le maire socialiste sortant de Dijon, François Rebsamen, avait dénoncé ce lundi le manque de moyens policiers au cours du week-end.

"Puisque la justice passe trop tard et que la police n'a pas les moyens de son action, la communauté tchétchène est venue faire respecter elle-même son droit", a déclaré le maire, en campagne électorale pour un quatrième mandat. "On n'est plus en République quand ça se passe comme ça", a-t-il jugé sur BFMTV.

Lundi, François Rebsamen a obtenu l'envoi d'un renfort de 110 gendarmes mobiles. Dans la soirée, 60 d'entre eux, une quarantaine de CRS et des renforts de la brigade anticriminalité (BAC), ainsi que du RAID, sont intervenus afin de mettre fin aux troubles.

M.D. avec AFP