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Les policiers ont chanté La Marseillaise devant la statue de Jeanne d'Arc

Plusieurs centaines de policiers en colère se sont retrouvés lundi soir au pied de la statue de Jeanne d'Arc, à Paris, et y ont chanté La Marseillaise. Un symbole lourd de sens? Pas forcément, répond un avocat spécialiste de la défense des forces de l'ordre.

Huitième nuit de grogne pour les policiers qui ne décolèrent pas et ont poursuivi lundi soir leur mobilisation. Plusieurs centaines de policiers en civil ont entonné La Marseillaise au pied de la statue de Jeanne d'Arc. Un lieu hautement symbolique situé place des Pyramides, dans le 1ᵉʳ arrondissement de Paris, puisque c'est là que se réunissait traditionnellement le Front national chaque 1er mai.

"Nous sommes la police. Que les personnalités (politiques) traitent avec nous et pas avec les syndicats, c'est nous qui sommes dans la rue, pas les syndicats", a lancé au mégaphone l'un des participants.

"Le mouvement de colère est apolitique"

Pour Laurent-Franck Liénard, avocat spécialisé dans la défense des policiers, ce serait une erreur d'associer le mouvement de protestation des forces de l'ordre à un parti politique. 

"La liaison que l'on pourrait faire avec le FN serait évidemment gênante, reconnaît-il pour BFMTV. Mais le mouvement de colère des policiers est totalement apolitique, il est très loin de tout mouvement politique. Le fondement même de ce mouvement est d'être détaché des politiciens."

57% des policiers prêts à voter Marine Le Pen

Pourtant, selon une étude du Cevipof, 57% des policiers sont prêts à voter Marine Le Pen à la présidentielle de 2017, soit deux fois plus que les Français dans leur ensemble. Les forces de l'ordre n'étaient que 30% à avoir voté FN en 2012.

Laurent-Franck Liénard assure que les forces de l'ordre veulent simplement se faire entendre.

"Les policiers expriment une colère. La colère est légitime et ils l'expriment avec les moyens qu'ils ont. Les policiers souhaitent être considérés et entendus par les autorités judiciaires, leur ministre, leur directeur et l'ensemble de la chaîne hiérarchique."

Des rassemblements devant les tribunaux

Les policiers sont descendus dans la rue pour la première fois le 17 octobre en faisant fi de leur devoir de réserve à la suite de l'attaque aux cocktails Molotov de quatre de leurs collègues à Viry-Châtillon, en Essonne, quelques jours plus tôt. Criant leur "ras-le-bol", ils réclament notamment plus d'effectifs, un assouplissement des règles permettant le recours à la légitime défense, plus de moyens matériels et des peines plus sévères contre ceux qui s'en prennent à eux.

Le mouvement pourrait se poursuivre: une intersyndicale, pour tenter de reprendre la main, appelle à des rassemblements ce mardi devant les tribunaux pour dénoncer notamment le "laxisme" de la justice avec les agresseurs de forces de l'ordre.

Céline Hussonnois-Alaya