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Les Français de plus en plus dépendants de leur voiture

18 millions de français utilisent chaque jour la voiture pour se rendre au travail.

18 millions de français utilisent chaque jour la voiture pour se rendre au travail. - -

Selon une étude de l'Insee, 18 millions de Français utilisent chaque jour la voiture pour se rendre au travail. Cette dépendance à la voiture est fortement accentuée avec l’installation des familles en périphérie des centres-villes qui engendre de nouvelles conséquences : embouteillages et pollution.

À la recherche de verdure, d'espace, de calme et d'un prix au m2 plus abordable, de plus en plus de familles font le grand saut. Elles quittent les centres-villes et s'installent en périphérie. « A Rennes par exemple, c’est un habitant sur deux qui est installé en périphérie de la ville », explique sur RMC ce lundi matin Thomas Le Jeannic, statisticien à l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee). Le monde urbain s'étend, s'étire avec d'un côté des habitations de plus en plus reculées et de l'autre des emplois confinés dans les villes. Selon les dernières estimations de l'Insee, les trois quart des actifs (73 %) se rendent à leur travail en voiture, soit 18 millions de personnes ! Et les distances parcourues par les actifs sont de plus en plus grandes. Les conséquences directes de ce phénomène se ressentent au quotidien pour l’une, sur la longueur pour l’autre.

Développement des embouteillages et dépenses en hausse

Vivre loin du centre-ville signifie souvent vivre loin de son lieu de travail. Si en Ile-de-France le réseau ferroviaire est très développé (malgré de nombreuses difficultés sur certaines lignes de RER - B, D, A), en province, au-delà des rocades, il est souvent difficile de rejoindre le centre-ville en transport en commun. L’unique solution pour de nombreux salariés : la voiture. Mais cela a quelques inconvénients dont les principaux sont le développement des embouteillages et les dépenses qui s’envolent. A Marseille par exemple, les automobilistes perdraient 46 minutes dans les bouchons en période de pointe. Un chiffre qui est ramené à Paris à 40 minutes. « Ce serait pire si les automobilistes prenaient leur voiture plutôt que le réseau ferroviaire qui est très développé en Île-de-France », souligne ainsi Thomas Le Jeannic.

« Un Français moyen parcourt 15 000 km par an et émet 40 kg de polluants divers »

L’autre phénomène engendré par la périurbanisation est peut-être moins visible au quotidien, mais il est certainement plus dangereux : la pollution. «Pour se déplacer en voiture, un Français moyen parcourt 15.000 km par an et émet 40 kg de polluants divers», souligne l'Ademe, l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l’énergie. En 2005, on estimait qu'en France près de 42 000 décès étaient dus à la pollution de l'air par les particules fines émises notamment les véhicules Diesel. De plus, éloignées des centre villes, les familles de périurbain sont souvent doublement équipées en automobile, une pour monsieur et une pour madame. Les actifs périurbains émettent ainsi individuellement nettement plus de CO2 que les autres, en particulier dans l'air parisien.

Le palmarès des lieux de périurbanisation les plus polluants en CO2 |||

La palme en revient, dans l'Ouest, à Rennes, Caen, Poitiers, dans le Sud-Ouest à Bordeaux, Toulouse et dans le Nord et l'Est à Amiens, Valenciennes et Metz. À l'inverse, « dans le Sud-Est, les aires urbaines sont relativement peu étalées, coincées entre la mer et la montagne ».

Tugdual de Dieuleveult avec Jean-François Achilli