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Les commerces de plus en plus visés par les cambrioleurs

Le nombre de cambriolages a explosé à Paris au premier semestre

Le nombre de cambriolages a explosé à Paris au premier semestre - Patrick Kovarik-AFP

Les cambriolages de commerces ou locaux commerciaux ont bondi de 58% au troisième trimestre par rapport à l'année dernière.

Les commerces sont devenus une cible privilégiée des cambrioleurs, et notamment à Paris. Au troisième trimestre de l'année 2020, le nombre de vols dans les locaux commerciaux a bondi de 58% par rapport à la même période l'an dernier, selon les chiffres communiqués récemment par la préfecture de police de Paris. Des braquages express la plupart du temps contre lesquels il est difficile de lutter.

Le dernier exemple en date est ce cambriolage dans une boutique de doudounes de luxes, située sur le boulevard Saint-Germain à Paris. Onze personnes, capuche sur la tête, se sont introduites vendredi après-midi dans la boutique et ont dérobé plusieurs vestes et doudounes de luxe, sous le regard d'un vendeur et d'un agent de sécurité qui ne pouvaient réagir. Une enquête a été ouverte pour "vol en réunion".

Moins de cambriolages de logements

Entre les mois de juillet et septembre, 1355 cambriolages de commerces ou de locaux commerciaux ont été recensés. Au total, depuis le 15 mars, c'est une hausse 23% qui est enregistrée, selon la préfecture de police de Paris. Les pharmacies sont d'ailleurs les plus visées par les voleurs. Depuis le début de l'année, le nombre de cambriolages dans les officines a progressé de 205% par rapport à 2019, indiquait Le Figaro. En cause, le contexte sanitaire actuel et les périodes de confinement successives.

"C'est un principe de vases communicants, vous avez des personnes, professionnelles du cambriolage, c'est leur mode de vie, c'est comme ça qu'ils 's'enrichissent', et ne pouvant pas cambrioler les résidences principales puisque les gens sont à l'intérieur, on se rabat sur les commerces", analyse Rocco Contento, le responsable parisien du syndicat Unité SGP Police FO.

Depuis la semaine du 26 octobre, période à laquelle le deuxième confinement a été remis en place, le nombre de cambriolages de logements ne cesse de baisser, se situant en dessous de la même période l'an dernier. A Paris, ils ont diminué de 37% depuis le 15 mars, car "les gens étaient chez eux", commente-t-on à la préfecture de police de Paris. Les cambriolages de commerces à Paris, soient fermés, soient avec des salariés en télétravail, représentent désormais un tiers de la totalité des faits enregistrés dans la capitale depuis le premier confinement.

Sur le plan national, police et gendarmerie ont également comptabilisé une augmentation des cambriolages dans les locaux commerciaux ou financiers notamment au cours des deux dernières semaines de novembre, selon une note Interstats du ministère de l'Intérieur.

Des commerces sans surveillance

Déjà au printemps dernier, le confinement n'avait pas arrêté les cambrioleurs. Les cambriolages s'étaient envolés avec un bond de 50% dans la capitale au premier trimestre 2020, par rapport à la même période en 2019, incluant alors la période de confinement débuté le 17 mars. Les cambrioleurs profitaient alors de la fermeture de ces commerces et de l'absence des gérants ou vendeurs pour pouvoir agir. Police et gendarmerie avaient alors lancé des opérations "tranquillité commerces" sur le modèle de l'opération "tranquillité vacances", où des patrouilles font des passages réguliers aux logements de personnes parties en vacances.

L’association Commerçants et artisans des métropoles de France est bien consciente de cette hausse des cambriolages. "C'est une évidence déjà depuis deux ans", insiste son président Christian Baulme. "Et depuis le confinement, ça a augmenté de manière incroyable, et tout ça pour des recettes infimes." Avec deux phénomènes distincts: les braquages de boutiques de luxe, par les réseaux de revente, et les cambriolages de petits commerces.

Les commerçants n'ont plus d'espèces dans leur tiroir-caisse, avec une multiplication "par deux" du paiement en carte bancaire ces derniers mois. Selon le commerçant bordelais, ces cambriolages sont l'œuvre de la "population en déshérence dans les cœurs de ville, qui n'ont plus de complément de revenus avec la manche". Beaucoup de gérants ont installé des caméras pour essayer d'endiguer le phénomène et que les auteurs soient interpellés.

Une autre des solutions serait la présence 24H/24 de patrouilles de police municipale pour dissuader les cambrioleurs. "Ces populations en déshérence font ce qu'elles veulent quand les patrouilles de police municipale cessent la nuit. Nos maires, garants de la tranquillité publique, doivent assumer leur responsabilité de sécurité des citoyens", prône Christian Baulme qui défendra cette idée au ministère de l'Intérieur le 28 décembre prochain lors d'une réunion pour évoquer la sécurité des commerces.
https://twitter.com/justinecj Justine Chevalier Journaliste police-justice BFMTV