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Le secret professionnel invoqué après la mort de Laly, 8 ans

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- - Illustration - AFP

En 2015, Laly 8 ans était morte après avoir été défenestrée dans son école par un élève du même âge, dont le passé violent avait été caché à l'établissement au nom du secret professionnel.

Deux ans après la mort de Laly, ses parents veulent savoir comment une telle chose a pu se produire. Le 8 janvier 2015, trois enfants sont dans la salle de jeux de l'école du Sacré-Coeur de Périgueux en Dordogne, séparés de la classe par une fine cloison. Un des enfants de 8 ans souffrant de troubles cognitifs, ouvre une fenêtre donnant sur la rue et défenestre Laly, une petite fille du même âge atteinte de trisomie. Hospitalisée à Bordeaux, elle ne survivra pas.

Aujourd'hui ses parents veulent des réponses comme ils l'expliquent au Parisien. Ils veulent savoir pourquoi personne au sein de l'école n'avait été averti des antécédents du petit garçon. Deux ans avant de s'attaquer à Laly, il avait défenestré un nourrisson qui avait heureusement survécu. L'assistante sociale de l'enfant invoque le secret professionnel, tout en assurant qu'elle avait averti l'école de Laly de la dangerosité de l'enfant, sans préciser la teneur de ses actes violents passés.

"Il y a eu défaillance des institutions"

"L'assistante sociale, le directeur, l'institutrice: tout le monde se renvoie la balle. Personne n'assume ses responsabilités (...) Il y a eu défaillance des institutions. Elles n'ont pas poussé Laly par la fenêtre mais pas loin. L'auteur de l'acte aurait dû être placé dans une structure adaptée à ses troubles dès le départ", assure Franck Baril le père de Laly au Parisien.

Car le secret professionnel, invoqué par l'assistante sociale, peut bel et bien être brisé. Selon l'article 226-14 du Code pénal, il peut être brisé pour "celui qui informe les autorités judiciaires, médicales ou administratives de privations ou de sévices (...) dont il a eu connaissance et qui ont été infligés à un mineur". Pour l'avocat des parents de Laly, le problème "est de savoir si la loi, floue, impose ou autorise la divulgation du secret professionnel dans un tel cas", affirme-t-il au Parisien.

Comportements violents répétés

La plainte contre X déposée en 2015 par les parents de Laly avait entraîné la mise en examen de la maîtresse et directrice de l'école pour "homicide involontaire", ainsi que de la travailleuse de l’Aide sociale à l’enfance (ASE). L'ancien directeur et l'inspectrice de l'ASE Dordogne ont, eux, été placés sous le statut de témoin assisté.

La directrice qui ignorait tout du passé de l'enfant responsable de la mort de la fillette, souhaitait néanmoins l'exclure pour d'autre comportements violents, le père de Laly l'accusant d'avoir violenté sa fille un mois auparavant. Aujourd'hui âgé de 10 ans, il ne peut-être en contact d'autres enfants, et reçoit des cours à domicile, selon Sud-Ouest.
G.D.