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Le principal témoin oculaire ne reconnaît pas Yvan Colonna

La cour d'assises de Paris, où est jugé Yvan Colonna pour l'assassinat de Claude Erignac en 1998 à Ajaccio. Le principal témoin oculaire de l'assassinat du préfet de Corse a déclaré mardi devant la cour d'assises qu'il ne reconnaissait pas en Yvan Colonna

La cour d'assises de Paris, où est jugé Yvan Colonna pour l'assassinat de Claude Erignac en 1998 à Ajaccio. Le principal témoin oculaire de l'assassinat du préfet de Corse a déclaré mardi devant la cour d'assises qu'il ne reconnaissait pas en Yvan Colonna - -

Le principal témoin oculaire de l'assassinat du préfet de Corse Claude Erignac en 1998 à Ajaccio a déclaré mardi qu'il ne reconnaissait pas en Yvan Colonna l'homme qu'il avait vu tirer trois balles sur la victime.

Cette déposition de Joseph Colombani devant la cour d'assises de Paris confirme celles des deux premiers procès d'Yvan Colonna en 2007 et 2009, au terme desquels il avait été à chaque fois condamné à la réclusion à perpétuité.

Prié de faire face à l'accusé pour se prononcer, le témoin s'est tourné et a dit : "Je n'ai pas l'impression de voir celui qui a tiré ce soir-là. Si j'avais eu devant moi l'assassin de Claude Erignac, je l'aurais ressenti."

La défense retient de ce témoignage, outre ce point, que le témoin a vu deux hommes autour du préfet et non trois comme le soutient l'accusation.

La partie civile et l'accusation ont tenté de démontrer que cette déposition n'était pas probante, puisque par ailleurs Joseph Colombani reconnaît aussi qu'il n'avait pas reconnu sur le coup le préfet Erignac, son ami qu'il attendait ce soir-là pour une représentation théâtrale.

En outre, comme les faits se sont déroulés un soir d'hiver à Ajaccio, il est tout à fait possible que le troisième homme supposé du groupe de tueurs se soit trouvé dans l'obscurité au fond de la rue, et que Joseph Colombani ne l'ait donc pas vu, dit l'accusation.

Ce procès est le cinquième au total de cette affaire qui tourmente depuis 13 ans police, justice et pouvoir politique. Il n'a pour l'instant rien apporté de neuf par rapport aux deux premiers.

Le moment décisif est attendu fin mai avec les dépositions des six hommes condamnés en 2003 à des peines allant de 15 ans à la perpétuité pour leur participation aux faits.

Quatre d'entre eux ont désigné leur ami Yvan Colonna en 1999 comme l'auteur des coups de feu, avant de se rétracter 17 mois plus tard, affirmant alors qu'il était innocent. Ils ont maintenu cette position aux deux premiers procès du berger, en des termes toutefois si ambigus qu'ils n'ont pas convaincu.